Sous le boisseau et sous le lit

Il y a de ces mots que l’on découvre tard alors que depuis tant d’années nous les avions sous les yeux, tout au moins en lecture. Je me suis attardé à découvrir ce qu’est un « boisseau », terme que l’on retrouve dans l’Évangile de saint Marc au chapitre 4 verset 21.

Le boisseau est un récipient en forme cylindrique. Ce devait être en terre cuite ou en jonc tressé, un élément dans la maison où quotidiennement on pouvait y déposer des choses tout comme des fruits ou légumes. Jésus prend cet exemple pour dire que la lampe, si on la met sous le boisseau, ne pourra apporter la lumière. Ici, il peut y avoir un renversement du récipient. De fait, pour cacher la lumière on doit renverser le cylindrique qui étouffe la lampe. Le boisseau renversé comme une boite pour cacher un pot de fleurs. C’est la seule explication qui me parait sensée, car on ne peut mettre un tel récipient sur une lampe sans étouffer sa clarté. J’opte donc pour le renversement, puisque Jésus dit « sous le boisseau ». Ce qui nous amène à considérer l’évidence comme un mouvement pour cacher la vérité, la lumière nous la faisant découvrir.

De même, Jésus prend l’exemple du « lit » et l’évangéliste écrit ‘sous le lit’. Comment mettre une lampe sous le lit sans danger d’y mettre le feu? Ce sont deux mots qui invitent à reconsidérer ces gestes comme étant à la fois pernicieux et provocateurs. Que dit Jésus pour la lampe? « N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire? » C’est une manière de dire, on rehausse le niveau de clarté pour que soit révélée la totalité de ce qui existe dans la pièce. Au final, c’est la vérité des choses ou des êtres qui est manifestée par la lumière de la lampe.

Mettre la lampe sous le boisseau serait une manipulation et un renversement de la vérité qui ne pourra être connue. On étouffe tout! Mettre la lampe sous le lit, c’est une autre manœuvre pour faire disparaître et le lit et tout le reste, à causer même un incendie. C’est faire disparaître toute trace pour éviter que la vérité soit connue comme le secret que Jésus évoque également.

Quels procédés modernes pouvons-nous retrouver dans ces quelques versets d’une parabole courte mais qui en dit long. Jésus a le doigté de poser une question et d’y apporter la réponse. C’est ce qu’il fait ici.

Ayant lu tant de fois le terme « boisseau » sans me préoccuper de ce que c’était, ma curiosité à le découvrir me donne un éclairage neuf et surprenant qui me permet une compréhension plus profonde que celle dont je me contentais. Ce n’était qu’une partie de la vérité certes, mais le fait de m’approcher de la définition du boisseau, comme de m’attarder au lit m’indique qu’il peut y avoir une action pour cacher la vérité, quitte à la faire disparaître.

Dans un autre texte, j’évoquerai la suite dont le pont est connu : « Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende! » Ici, nous étions dans le regard, le voir, les yeux, après on verra les oreilles.

Denis Veilleux

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