Selon notre âge

Je me suis pris à réfléchir sur l’Évangile de l’enfant prodigue en situant l’âge de ses auditeurs et auditrices. Je me suis rappelé avoir regardé longuement, dans le musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg en Russie, il y a longtemps, la toile du peintre Rembrandt. J’y reviendrai.

Lorsque j’étais enfant, cette histoire touchait mon cœur. Dieu était Bon, surtout pour celui qui s’était trompé.

Ceux et celles qui entendent cette parabole et qui ont 20 ans, la reçoivent peut-être comme une espérance. On peut toujours se reprendre et Dieu est là, comme ce père qui nous voit de loin revenir vers lui. De fait, l’enfant n’est jamais sorti de son cœur et chaque jour, il le suivait en pensée.

Celles et ceux qui écoutent cette parabole dans la quarantaine et qui ont bien réussi leur vie professionnelle, représenté.es par le fils ainé de la parabole, peuvent être tenté.es de penser à tous ceux qui n’auront pas vraiment fait des efforts pour réussir, qui auront pataugé ici et là, en perdant leur santé de tous ordres, et enfin, toute une fange de la société jugée selon les échecs.

Les ainée.es, dont les étapes de la vie leur apparaissent sous leur réalité, avec ses difficultés, ses hauts et ses bas, eux comprennent le pincement de cœur du Père de la parabole. Ils ont de la compassion pour toutes les situations et voient plus profondément l’histoire de chacun cachée dans leurs pauvretés ou leurs drames. Ils ont le cœur du Père.

Je reviens donc à la toile du peintre Rembrandt. Lorsque nous remarquons les mains du Père sur les épaules du fils prodigue, le peintre a fait une main d’homme et une main de femme. C’est visible. Dans cette parabole, aucune femme n’est mentionnée. Alors, le peintre a donné au Père un cœur de mère et un cœur de père par les deux mains différentes, masculines et féminines. Quelle magnifique méditation!

Quand le Père voit revenir son enfant, ses entrailles frémissent. Le féminin et le masculin sont les deux mains de la compassion, de la miséricorde et du pardon.

Je m’arrête ici, car je pourrais en écrire long sur ce récit. Ce que je souhaite, c’est qu’on entende cette parabole de l’enfant prodigue ou du Père miséricordieux jusqu’à la fin du monde, jusqu’à la fin des mondes, jusqu’à la fin de notre vie, jusqu’à la fin de la vie des autres.

Denis Veilleux

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