Quand il eut faim

Lorsque Jésus se rend au désert, après le baptême du Baptiste, Il est rempli par l’Esprit. Il a entendu la voix de son Père : « Tu es mon Fils Bien-Aimé en qui j’ai mis tout mon amour ». Il avance donc, poussé par l’Esprit d’amour, dans ce désert où Il endosse l’Histoire de son peuple. Quarante jours et nuits à jeûner. Or, quand il a faim, le Diable s’approche. La faim physique de Jésus correspond aussi à la finale de ce jeûne. C’est justement à ce moment que le Tentateur s’approche pour combler le creux de l’estomac de Jésus. Cette faim coïncide à ce creuset, qui peut être aussi ressenti comme un vide. Le Diable se présente donc comme celui qui peut, non seulement mettre un terme à son jeûne et usurper la poussée de l’Esprit qui l’a mené au désert, mais également combler la faim et le vide. La tentation est une espèce de faim, de besoins, qui annonce que la suite sera merveilleuse.

Jésus réfute les trois épreuves du Diable. Pas de magie pour changer cette pierre en pain : ‘ma nourriture, c’est la Volonté de mon Père.’ Pas question de vouloir le faux pouvoir du Diable qui ment en disant que les Royaumes lui appartiennent. La réponse de Jésus est radicale : ‘Dieu est Dieu et Lui seul est adoré!’ Enfin, la dernière tentation est une sorte de voyage dans les airs à Jérusalem au sommet du Temple. ‘Non, me jeter en bas pour faire venir les anges est une main mise sur la Parole et sur Dieu pour Le forcer à révéler qui Je suis.’

Il est écrit que « le Diable, ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, s’éloigne jusqu’au moment fixé. » Un tourbillon de folies. Qu’est-ce que le temps fixé? C’est la fixation du Diable qui tout au long de la prédication de Jésus se pointera pour lui faire des jambettes. Toujours, Jésus le débusque : « Tais-toi! Sors de cet homme! Arrière, Satan! » Le temps fixé est aussi ce moment unique lors de la Cène où il est écrit que le Diable agit dans le cœur de Judas.

Retenons que nous sommes tentés lorsque nous avons faim. Cette faim n’est pas nécessairement le signe d’un manque mais aussi de vouloir plus, manger davantage, grossir son patrimoine, empocher les mérites, perdre la tête à désirer être vu, connu, adulé.

Il n’y a que la Parole de Jésus pour nous aider à résister et à combattre. Toutes les tentations se retrouvent dans celles de Jésus : la faim de la magie et des manigances, la faim du pouvoir dominer, la faim de se prendre pour Dieu en le défigurant.

Denis Veilleux

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