Par qui passer?
Dans l’évangile de saint Jean, il y a un dialogue intéressant entre l’apôtre Thomas et Jésus. Ce dernier, Jésus, commence à dire : « que votre cœur ne soit pas troublé. » et Il indique qu’Il s’en va, qu’Il nous préparera une place, et qu’Il reviendra nous prendre avec Lui. Ces paroles sèment tout un trouble puisque Thomas répond à Jésus qu’il ne sait ni où Il va et ne connait rien de ce sentier. Ce à quoi Jésus répond qu’Il est « le Chemin, la Vérité et la Vie et que personne ne va vers le Père sans passer par Lui. » Chemin, Vérité et Vie, c’est connu! Or, passer par Lui serait non seulement porteur de vie, mais aussi de vérité, et de la voie vers le Père.
Lorsque l’on ne passe pas par Lui où allons-nous? On peut regarder.
Quand on ne passe pas par le Chemin, on en invente d’autres. Nous le voyons si bien dans tous ces sentiers empruntés qui mènent nulle part. Si Jésus n’est plus le Chemin, d’autres prendront la place et nous verrons s’installer mille sentiers qui proposent leurs paradis. C’est si vague et flou qu’on lance nos destinées à l’univers. Nous l’entendons souvent : des envois de pensées dans l’univers comme si l’univers pouvait répondre. Peut-être une manière de se lancer dans le vide. Premier raccourci!
De même pour la Vérité identifiée à la Personne de Jésus. Si on ne passe pas par Lui, d’autres vérités se multiplient en millions de vérités qui commencent par soi-même et finissent par soi-même. Je deviens le centre de tout, je suis ma vérité. On fait le tour de son monde et on revient à son senti, ses émotions, son imaginaire, et hop!, on passe dans la passoire et on ne retient que soi. Une manière de s’emprisonner confortablement. Deuxième raccourci!
Enfin, la Personne de Jésus est la Vie. Sauve qui peut! On la désire autant qu’on la repousse. Le désir sans Jésus engendre une foule de désirs de vivre à l’extrême. Ceux et celles qui en ont les moyens font le tour du monde, quand ce ne sont pas quelques minutes en orbite vers la lune. En tout cas, dans les airs. Les plus modestes se concentrent sur leur jardin, soucieux des droits les plus fondamentaux, à la limite de l’obsession. On la désire, la vie, jusqu’à un certain point de bascule. La maladie, la souffrance, l’âge, n’ont plus de place dans la société. Les situations précaires non plus. Menacée avant de naître et menacée après 10, 20, 40, 70, 80 ans comme horizon. Le commencement et le terme nous appartiennent légalement. C’est devenu notre univers contrôlé. Troisième raccourci.
C’est à peu près ce qui se passe, déconnecté de la Personne de Jésus, lorsque l’on passe sa vie à se passer de Lui.
Est-il encore le Chemin qui me guide, la Vérité à laquelle je crois, et la Vie qui me fait vivre maintenant et pour le grand rendez-vous, la Vie éternelle?
Tout a commencé avec l’apôtre Thomas par ces propos de Jésus de nous préparer une place. Le croyons-nous vraiment? Le suivons-nous toujours? Les échos de certaines sociétés ou pays nous disent NON.
« Que votre cœur ne se trouble pas, vous croyez en Dieu, croyez donc en Moi! »
Denis Veilleux