Par la Foi

Les disciples s’inquiétaient d’avoir oublié d’apporter du pain pour la traversée.

Ils découvrent stupéfaits qu’ils n’ont qu’un seul pain. Recroquevillés sur ce problème, ils n’entendent pas Jésus leur dire de faire « attention au levain des pharisiens et au levain d’Hérode. » L’expression ‘levain’ les ramène au manque auquel ils auront à faire face.

C’est alors que Jésus les interpelle sur leurs yeux qui ne voient pas, leurs oreilles qui n’entendent pas et surtout sur leur mémoire défaillante. Il leur rappelle les deux multiplications des pains. Est-ce assez pour comprendre qu’ils ont avec eux, dans la barque, la source du pain qu’ils ont eux-mêmes distribué? Non, leur problème est concentrique et les ramène à leur petit monde, leur univers avec des œillères. Jésus est là, physiquement présent. Il ne peut être plus près. « Vous ne comprenez pas encore? » termine ce dialogue serré.

‘Faire attention au levain des pharisiens et au levain d’Hérode.’ Ils ne l’ont pas entendu vraiment, mais l’évangéliste l’écrivant, c’est à nous qu’il est donné de l’entendre. Que pouvons-nous comprendre à notre tour? Le levain des pharisiens est ce qui gonfle, ce qui dans la sphère religieuse sent la démesure ou le fardeau qu’ils imposent aux autres alors qu’eux sont incapables de lever le petit doigt. C’est un levain qui écrase le pain ou qui le rend lourd, non mangeable. C’est trop gros et dur pour nos estomacs. C’est la litanie des orgueils et des tenues vestimentaires pour être vus, loués  et encensés.

Le levain d’Hérode est une autre démesure, celle de la puissance et de la force coercitive qui écrase la liberté, l’intelligence et le savoir-vivre. Hérode est un roi inquiet, curieux, et Jésus en donne une caricature étonnante. Il ressemble à un renard.

Ce que l’on ne voit maintenant que dans les zoo, ou, pour les chanceux, furtivement dans une forêt ou dans un champs. Quand j’étais enfant, nous les craignions la nuit, autour de notre poulailler. Les ‘Hérode’ sont partout en ce monde et vous voyez très bien leur levain, tout ce qui brille, tout ce qui les rend indispensables selon eux, leurs grandeurs, l’immensité de leurs mensonges et leurs ruses innombrables, diplomatiques et occultes, semblables aux agissements des renards.

De notre côté, nous ne sommes pas comme les disciples qui étaient avec Jésus physiquement. Ce n’est que par la Foi que nous le voyons, l’entendons  et comprenons, par son Esprit qu’Il a permis que nous comprenions. Sa Parole Vivante est notre communion intime avec Lui qui ne cesse de nous redire : « Et Moi, Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps! »

Denis Veilleux

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