L’information réelle de Marie
C’est chaque fois impressionnant de lire l’épisode des Noces de Cana en Galilée.
C’est une belle organisation que cette fête. Au centre, les époux, leurs familles, et tout autour les amis et les invités dont Marie, et Jésus qui y amène également ses disciples. Puis, tout à coup, un nuage risque de masquer le soleil. C’est alors que Marie dit à Jésus : « ils n’ont plus de vin! ». Elle l’informe du réel, de ce qui se passe. À quoi Jésus répond : « Que me veux-tu femme, mon Heure n’est pas encore venue. » L’attitude de Marie est exemplaire. Elle ne se met pas à discuter du réel et à convaincre son Fils de faire quelque chose. Non. Elle l’informe du réel et dit aux serviteurs : « Faites ce qu’il vous dira! » Elle espère que le réel sera dans la mire de Jésus, sans devancer son Heure. C’est Jésus qui décide, dans sa liberté, ce qu’il fera. Or, il fait entrer dans ce réel son Heure. L’évangéliste n’écrit-il pas que ce fut « le commencement des signes » de Jésus? Le signe de l’eau changée en vin est celui du réel dans lequel l’Heure de Jésus est son accomplissement pour le bien. Toutes situations l’intéressent et font désormais partie de son Heure.
D’autres signes viendront, jusqu’à la dernière Cène où le vin sera changé en son Sang. Lui, « le maître du repas », donnera le meilleur vin qui soit pour la Vie et pour les Noces qui s’accomplissent dans le réel de sa Passion commencée. Si l’eau dans les six jarres étaient pour la purification rituelle des Juifs, Lui, Jésus, la septième jarre, débordera de son « Sang versé pour la multitude en rémission des péchés. » Dans le réel de son Heure, Il consomme l’Alliance en se livrant aux serviteurs que sont les Apôtres mais également à la multitude jusqu’à nous personnellement.
Avons-nous une idée du réel dans nos vies? Y faisons-nous attention à la manière de Marie? Informons-nous Jésus de ce qui se passe réellement? Il serait si facile de s’en détacher et se laver les mains en nous éloignant de ce qui est urgent, nécessaire, important.
Et quand on sait que, dans la Bible, le vin est synonyme de la joie et que la joie est le signe de l’Esprit-Saint, on ne peut que s’ouvrir à ce que nous soyons réellement emportés dans ces Noces de l’Agneau : le réel de l’Eucharistie, de Cana en Galilée jusqu’à nous.
Denis Veilleux