Le Fils de l’homme
L’engouement pour l’intelligence artificielle appelée IA permet à nombre de personnes de faire faire leur CV. En 3 minutes, l’IA vous présentera un CV à la limite de la perfection. De bonnes choses peuvent advenir, mais nous savons combien la prudence dans ce domaine peut nous effrayer devant tant de manipulations vicieuses à des fins de toutes sortes.
Dans l’évangile de Matthieu, nous avons deux personnes, qui voyant le mouvement que Jésus soulève en recrutant disciples et apôtres, désirent le suivre aussi. Le premier est un scribe. Il doit avoir un CV intéressant : il sait écrire et lire et sans doute composer. Le second est un homme dont nous comprenons qu’il est issu d’une famille, notamment son père.
Au premier Jésus répond : « Les renards ont des terriers et les oiseaux du ciel ont des nids. Mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête. » Il déclare de cette manière une disponibilité à toute épreuve. Il n’y aura pas davantage dans sa vie de scribe le repos. De fait, Jésus lui indique de manière claire qu’il doit ajouter à son CV cette radicalité du disciple qui suit son maître partout et sans repos. Le texte ne nous dit pas qu’il ait reculé. C’est un bon point.
Au second, celui qui désire le suivre met une condition : « Laisse-moi d’abord enterrer mon père… » Il désire suivre Jésus, mais il demande un délai. Ce à quoi répond Jésus : « Laisse les morts enterrer leurs morts. » Assez raide comme réponse. Pourtant la loi de Moïse évoque dans les Dix Paroles « Honore ton père et ta mère. » De leur vivant mais également jusqu’à leur mort. La préférence que Jésus exige pour le suivre est sans équivoque. « Si quelqu’un préfère son père, sa mère, ses enfants, il n’est pas digne de moi! » Ici encore le texte ne dit pas que cet homme ait reculé. Or l’honnêteté de Jésus le met en face d’un choix radical. Le délai demandé pour enterrer son père ne peut se mesurer à l’appel que Jésus lui adresse : « Suis-moi! »
Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête. Le mouvement qu’Il a initié est sans appel. L’aujourd’hui de Dieu est maintenant, sinon des raisons valables et raisonnables pour ne pas faire le pas se glisseront toujours. Le désir est à la mesure de laisser tout!
Le texte de Matthieu ouvre à la liberté le pas que ces deux hommes ont fait dans le mouvement de suivre Jésus comme disciples. Deux CV ouverts.
Denis Veilleux