Le courage de parler
Dans le monde actuel, la parole n’est pas susceptible de se taire. Tant de mots et de textes s’écrivent chaque jour pour informer, déformer, dire et redire en boucle ce que nous lisons sur toutes les plateformes. Un déluge de mots!
Je venais de participer à un rassemblement de plusieurs personnes. Par la suite, je me retrouvai à une table où nous étions six à prendre le repas. En lien avec ce qui s’était dit lors du rassemblement, une personne fit devant nous une remarque, une critique. Ce qu’elle disait me paraissait juste. Nous avons donc échangé brièvement sur la question. La critique juste avait été formulée en l’absence de la personne en cause.
C’est après qu’une réflexion me vint à l’esprit. Comme la critique était juste, ne serait-il pas opportun qu’elle soit adressée et dite à la personne qui en était la cause? Le dire à ceux qui étaient présents me semblait insuffisant. Il serait souhaitable qu’elle se rende auprès de la personne visée, surtout que la remarque me semblait juste et positive? Ma réflexion m’amena à penser que trop souvent nous exprimons un commentaire ou une critique sans jamais avoir la simplicité et le courage de l’acheminer à la personne concernée. De cette manière, nous restons en cercle fermé et chacun repart avec les propos entendus qui ne produiront pas les fruits espérés. Nous n’avons pas le courage de porter à son accomplissement la critique juste et appropriée qui pourrait corriger l’erreur qui inévitablement sera répétée. C’est exactement ce que j’ai vécu puisque j’entendis, quelques jours plus tard, la même erreur redite par la même personne. Peut-être que la peur nous empêche de faire la démarche; pourtant nous avons eu le champ libre pour dire devant les autres notre critique juste.
Nous sommes ici dans une chambre d’écho, celle de la charité. Des échos de vérités. Laissons nos cercles fermés et passons dans « la chambre d’écho des charités ». Ce serait plus lumineux!
Denis Veilleux