Là où Il passait, Il faisait le bien

C’est d’abord un souvenir personnel lors d’une hospitalisation, il y a quelques années. Nous étions deux dans une chambre. Moi qui suis sensible au bruit comme au silence, j’étais bien étonné d’entendre tout ce que j’entendais. C’était bruyant. Je n’avais pas choisi le médecin qui me traitait, évidemment. Or, je remarquai qu’à chaque matinée où il arrivait, tout l’étage se transformait. Il apportait le calme auprès du personnel, comme auprès des patients. Une bouffée de paix dans un hôpital surchargé. Plus tard, dans son bureau, je le lui dis. Il fut étonné. Mon dossier allait passer entre les mains d’une autre Institution et la chirurgie, par un autre chirurgien. Je répliquai avec vigueur : ‘ Non, c’est vous qui allez m’opérer!’. Saisi, ce chirurgien de haut niveau planifia son horaire et accepta d’être mon chirurgien pour une intervention mineure.

Ce souvenir me ramène à l’épisode où Jésus est en déplacement pour se rendre auprès de la petite fille du chef de la Synagogue, Jaïre, qui risque de mourir. Une foule l’entoure. C’est alors qu’une femme, souffrant d’hémorragie depuis 12 ans, se fraie difficilement un chemin pour l’atteindre et toucher son vêtement. Elle a la certitude que touchant son manteau, elle sera guérie. C’est exactement ce qui se passe. Or, Jésus sent qu’une force est sortie de Lui. Il s’arrête et demande qui l’a touché? Les disciples ne rigolent pas devant cette foule qui l’écrase. Tout s’arrête et Jésus cherche du regard qui l’a touché. Alors, la femme se révèle et raconte tout. Jésus lui dit : ‘Va, ta foi t’a sauvée, sois guérie de ton mal’.

Il aurait pu continuer son chemin. Les dons de Dieu ne sont pas volatiles; ils sont destinés au réel et le réel, c’est cette femme souffrante qui, par sa foi, a fait ‘sortir’ une force divine. Lorsque nous lisons dans l’Évangile de Jean, l’accomplissement de cette parole est manifeste: « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son propre Fils afin que quiconque croit en Lui ait la vie éternelle. » Jésus n’est pas un magicien. Il est le Fils de Dieu envoyé pour nous personnellement, et nous sauver en nous donnant la vie en ce monde et dans l’autre. Sa Personne est aimantée de cet Amour du Père qui se répand en Lui librement « avant la fondation du monde ». C’est Dieu avec nous et chez nous qui passe et nous attire.

Il s’est arrêté pour voir cette personne réelle et la faire parler en guise de témoignage, afin que l’on entende ce que fait la foi. Ici, ce n’est pas un miracle, c’est une guérison, et Jésus confirme donc qu’elle a été guérie par sa foi. Quant à elle, craintive, elle est délivrée de cette peur à tout jamais dans l’accueil et la bienveillance de Jésus qui reconnait non seulement sa foi mais la guérison de son mal.

Cette femme a osé poser ce geste dans la foi et elle a été guérie. Je me dis souvent, au moment de recevoir le Pain de vie dans l’Eucharistie, que je touche moi aussi non pas le vêtement de Jésus, mais son Corps glorifié. N’est-ce pas ce que nous disons? « Dis seulement une parole et je serai guéri ». Soyons audacieux, audacieuse, le Seigneur s’en réjouit.

Denis Veilleux

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