Inventer sa famille

Un jour, il y a de cela plusieurs années, je me trouvais à Turin chez les Salésiens, dont le fondateur fut saint Jean Bosco. Je connaissais très bien sa vie et les difficultés qu’il eut avec son frère ainé Joseph. Maman Marguerite dû intervenir pour que l’ainé cesse ses pressions sur le jeune Jean. Ce fut la rupture. J’étais donc en conversation avec un prêtre salésien âgé. J’osai lui poser cette question : «la relation avec son frère Joseph, s’est-elle rétablie?» Il réfléchit… et me répondit ceci : «Pas vraiment, et lorsque Don Bosco est décédé, les enfants de son frère ainé Joseph ont voulu avoir son héritage, l’héritage de Don Bosco.» Leur oncle célèbre avait instillé leur convoitise. Les difficultés sont passées à l’autre génération; pire encore avec la cupidité. Évidemment, les neveux et nièces n’eurent pas droit à l’héritage de leur oncle.

Dans les évangiles, nous voyons très bien que la parenté de Jésus veut contrôler leur étrange cousin. Ils sont ici et là à tournoyer autour, au point où ils diront : « Il a perdu la tête! ». Non seulement ils ne comprennent pas ce qu’Il fait, mais ils désirent le contrôler. Ils iront même le chercher avec Marie, mère de Jésus, leur tante. Nous connaissons la réponse de Jésus : « Ma mère et mes frères sont ceux et celles qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique. » Jésus s’éloigne d’eux et invente une nouvelle famille. On pourrait penser qu’Il a tout fait pour se les réconcilier, les approcher, les convaincre. Non! Il avance avec ces liens nouveaux que représentent ses disciples et ceux qui le suivent; on perçoit dans les évangiles que certains membres de sa famille évolueront.

Nous pouvons méditer sur cette attitude de Jésus et suivre ses Paroles : « Mon père, ma mère, mes sœurs, sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique. »
Ce qui n’empêche pas les réconciliations possibles, dans le respect et la liberté. D’ailleurs, Il avertira les proches « qu’un prophète est méprisé dans son pays et les gens de sa maison. » Le texte évangélique ajoute qu’à Nazareth, où les gens de son village sont choqués de l’entendre et de le voir si différent, Jésus ne fait pas de miracle, car ils ne croient pas en Lui. Ce n’est pas un blocage qui vient de Jésus , c’est le refus de croire qui élève un mur entre Lui et les gens du village qui n’ont pas la foi. Pas de Foi, pas de miracle!

Comme les descendants de Don Bosco : pas de liens de Foi, pas d’héritage cupide!

Denis Veilleux

Partager cette page

© 2022 Radio Galilée | Constella - Agence créative