Espèce de…

C’est une expression qui dans notre langage ouvre des perspectives inquiétantes.

Lorsque l’on entend ou l’on dit ‘espèce de…’, la culbute ou la jambette est proche.

Dans l’évangile de saint Marc nous retrouvons une scène impressionnante au chapitre 9. Jésus arrive devant une foule composée de ses disciples, de curieux, et d’un père qui vient d’amener son enfant afin que les disciples le libèrent d’une possession étrange.

Jésus demande alors : « De quoi discutez-vous? » Et le père explique tout. Il n’en peut plus. Jésus engage un beau dialogue avec lui, un échange ou Il écoute le père et le drame de son enfant qui, depuis tout petit, est prisonnier d’une force qui à tout moment s’empare de lui et le jette soit dans l’eau ou le feu. Bien étrange que ce comportement de l’enfant. Et le père ajoute : « si tu peux fais quelque chose! » Jésus dit : « pourquoi dis-tu si tu peux? Tout est possible à celui qui croit. » Là, le père explose : « je crois, mais viens au secours de ma foi! » C’est si touchant cette demande, car exténué, et voyant que les disciples n’ont rien pu faire, sa foi est bien mince. Alors, il demande à Jésus de le délivrer lui aussi de ce peu de foi. Il veut croire, mais tout l’écrase. Jésus délivre définitivement l’enfant du démon. La foi du père est sauvée et l’enfant remit debout, délivré de cette possession.

À la maison, les disciples demandent : « pour quoi nous n’avons pas été capables? » Ils manifestent leur incapacité alors que Jésus leur en a donné le pouvoir. Que répond Jésus? « Cette espèce-là rien ne peut la faire sortir, sauf la prière. » Les disciples n’auraient pas prié? Difficile à croire. Ils ont certainement prié.

« Cette espèce-là » évoque qu’il existe différentes espèces de possessions diaboliques. Les gentilles, les rusées, les petites obsessions, la danse de l’imaginaire, les mauvais mots qui débordent du cœur. Mais celle-ci est tenace. Elle jette l’enfant dans l’eau et le feu mais également son entourage qui n’a pas de répit. Sournoise et perverse, « cette espèce-là » ne peut sortir que par la prière. La prière de Jésus.

« Cette espèce-là » nous la voyons dans notre monde se profiler et défiler ici et là par le pouvoir et la méchanceté ‘in extremis’. À tout moment « cette espèce-là » jette des peuples dans le feu et l’eau. Ça brûle ou ça déborde!

Nous sommes comme le père de l’enfant et nous demandons au Seigneur de venir au secours de notre Foi menacée. La peur réduit la confiance et la confiance a besoin de la force de la prière pour tenir.

Demandons à Jésus de nous donner Sa prière pour nous délivrer de « cette espèce-là » qui maltraite l’Humanité par le feu et l’eau, l’argent et la cupidité, la folie et le meurtre.

« Délivre-nous du Mal, Père! »

Denis Veilleux

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