Des Rameaux de Lumière

De Bethphagé à Jérusalem, je connais très bien la distance. C’est en fait une descente puisque nous passons par le mont des Oliviers, traversons le torrent du Cédron, et remontons pour entrer dans la Ville Sainte de Jérusalem. Avec quel enthousiasme les enfants et le peuple accueillent-ils Jésus monté sur un ânon! Et ces chants qui fusent : « Hosanna au Fils de David, Hosanna! » C’est un prélude de Gloire qui rappelle la marche des Hébreux au désert, après la sortie d’Égypte, et la traversée de la mer Rouge. Ils avancent vers la Terre Promise en voyant l’illumination d’un Feu. Quand le peuple voit le Feu, c’est le signe que l’on doit quitter ce camp éphémère pour un autre campement qui sera aussi de courte durée. Le Feu est le signe d’un nouveau départ.

Ainsi les Rameaux sont-ils prophétiques et lumineux puisqu’ils célèbrent le Messie dans la joie et la liesse. Tout le monde est content sauf les chefs religieux grimaçants. Jésus change de camp et suivra son chemin qui le mènera à la Passion, à la Mort…que nous lisons au cours de la Liturgie du Dimanche des Rameaux. Nous traversons le désert de l’agonie, de la trahison, du reniement, du jugement de Pilate précédé par le ricanement d’Hérode. Et les foules soudoyées pour amplifier le drame et la condamnation. C’est le campement du désert où le refus des Hébreux est relancé. Ils refusent Jésus comme ils refuseront d’entrer dans la Terre promise. La résistance et la désobéissance se retrouvent dans la Passion de Jésus qui vient sauver le monde.

Or, la Lumière fera se lever le matin de Pâques. Le campement où Jésus se relève d’entre les morts pour nous faire entrer dans la Terre promise, celle du Père dans les Cieux. Le campement éternel de la Résurrection qui court partout dans le jardin du monde et nous appelle à monter vers le Père en rencontrant Jésus ici et là, surtout en Galilée. Les Rameaux ont leur réplique dans le matin de Pâques. Il n’y a plus d’ânon et de gens pour acclamer le Messie. La pierre roulée, des anges, un linceul placé en ordre, et le mystérieux Jardinier qui n’est pas encore monté vers le campement du Père et voit Marie-Madeleine Le chercher en pleurant. Un simple mot suffit : « Marie » et puis « Ne me touche pas! Va dire aux frères qu’ils me verront en Galilée »; le campement non plus éphémère, mais durable dans le temps. Le campement des Hosanna appelle le campement des Alléluia.

Denis Veilleux

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