Il était une fois un nouveau monde à deux cents milles lieues dans les airs. Un monde baignant dans la lumière du brouillard, cherchant son identité. Il n’y avait pas même l’ADN pour le sortir de sa nuit. Une femme s’avança – était-ce vraiment une femme – il semble que non, mais elle était enceinte. L’échographie dévoilait le sexe de l’enfant. Était-ce vraiment le sexe d’un garçon ou d’une fille? La loi ne permettait pas d’y souscrire. On verrait plus tard. La nature se chargerait de le déterminer par la culture.

La culture, un hymne mondial de genres si différents que nous nous perdions dans des rythmes étranges mais humains. C’était la nouvelle humanité qui criait à tue-tête!

Une humanité nouvelle représentée par un alphabet long comme l’alphabet. Des chiffres venaient s’y greffer. Là où le jour se pointait, les gens désiraient la nuit. Et là où la nuit s’étendait les gens espéraient le jour. Chacun avec son haut-parleur pour crier son identité.

On entendait les échos d’un mot répété des milliards de fois : moi, moi, moi.

Soudain, s’avança l’Occident, émancipé et libéré de toutes les libertés.

Puis vient le tour des Amériques ayant à sa présidence la Bourse

Propulsé comme un jet l’Orient dévoilait ses milles et une nuits

Enfin les Afriques se projetaient dans l’Arctique.

Puis je m’éveillai. Ce n’était qu’un songe. Je ne pus m’endormir à nouveau.

Denis Veilleux