Vous lisez ou entendez souvent que notre monde ne sera plus le même après cette pandémie. Certains vont même affirmer que ce sera pire. Je ne voudrais pas mêler les cartes de ceux et celles qui jouent aux pronostics mais j’ai pensé à ceci. Est-ce que les choses changent lorsqu’il y a un décès dans notre famille ou notre entourage à part le fait que la personne décédée n’y soit plus? Je vous laisse y répondre. Mais je me permettrai de faire part de mon expérience depuis des décennies à écouter les confidences. Non, ça ne change pas les relations et elles peuvent s’amplifier. Si les liens étaient solides, francs et sincères, ils le resteront et peut-être prendront-ils un relief dans le meilleur. Au contraire, si les relations étaient fragiles, douteuses ou suspicieuses, elles le seront encore et prendront aussi leur envol. Le lien coupe ou se dissout dans l’aigreur ou autres sentiments du même genre.

La guerre 14-18 a-t-elle appris quelque chose à ceux qui ont fait celle de 39-45? Les camps de concentrations- tant de fois niés- ont-ils ouvert les yeux aux générations d’après et celles d’aujourd’hui pour éviter de recommencer? Les mêmes refrains reviennent avec plus de mensonges transparents.

Le demain de la pandémie est entre nos mains. Aurons-nous le cœur au meilleur pour une humanité guérie? Aurons-nous plus de temps à consacrer à ceux et celles que nous ne visitions plus? Prendrons-nous soin davantage de nos aînés, de nos employés, des salaires convenables, de la santé d’un peuple? Allons-nous retrouver les sources de l’esprit, du sens des choses et de la vie humaine? Allons-nous faire attention à la fragilité de nos existences, prendre soin de nos poumons, de nos yeux, de nos oreilles? Le bruit va-t-il ré envahir nos cités, nos rues, et nos restaurants? Nos églises seront-elles autant désertes

N’allons pas si loin. Ce que j’espère, c’est que la transmission du courage qui se sera déployé durant tout ce temps difficile retienne l’attention de nos mémoires.

Denis Veilleux