« Si on est capable de tuer l’enfant dans le sein de sa mère, qu’est-ce qui empêche de nous entretuer? » Des paroles d’une vieille religieuse à qui on a remis un prix Nobel de la paix. Une vieille religieuse qui avait entendu, assise dans un train bondé en Inde, ces paroles : J’ai soif! J’ai soif! Paroles si puissantes qu’elle a tout laissé d’une vie religieuse   confortable pour se mouvoir dans les rues sales de Calcutta et prendre sur ses épaules, un après un, les mourants et les aider à mourir. C’était l’ancienne méthode de l’aide à mourir par la charité.

Nos sociétés modernes, dites évoluées, ne veulent plus de ce système. Elles le cachent bien. Mais nous verrons peut-être un jour, avec cet élargissement du suicide assisté chez nous pour quiconque est atteint d’une maladie incurable, un autre élargissement qui viendra pelleter sur la rue tous les itinérants, de tous âges, que l’on éliminera légalement. Il suffira d’une loi de type ‘ménage dans nos villes’.

Si on élargit encore nous verrons vers quels horizons nos sublimes valeurs nous porteront.

Bravo à tous ces décideurs de la vie et de la mort qui s’étendent sur la planète. Ils ne savent pas ce qu’ils font ou le savent peut-être très bien dans le compas de l’économie.

Nous embauchons vos consciences! Donnez-nous votre confiance! Donnez-nous vos valeurs, nous vous aiderons à mourir dignement comme nous le déciderons. Nous vous aimons tant!

Dans la Bible, les Hébreux demandèrent au prophète Samuel de leur donner un roi comme les autres Nations. Le prophète fut indigné. Dieu lui dit : ce n’est pas toi qu’Il rejette, c’est Moi qu’ils rejettent! Donne-leur ce qu’ils demandent.

Le prophète parla au peuple et leur démontra ce qu’il adviendrait s’ils choisissaient comme les autres Nations un roi. Il leur dit qu’ils perdraient tout de leur liberté et dans les moindres détails. Ils écoutèrent tous et demandèrent malgré tout: donne-nous un roi comme les autres Nations! Dieu dit à Samuel: donne-leur ce qu’ils demandent.

Nous trouvons le même langage dans l’épitre aux Romains : Dieu les laisse à eux-mêmes, écrit St-Paul.

Le Québec est entré dans le mouvement à l’opposé de la Passion du Christ qui endosse nos souffrances et nos péchés pour nous en délivrer et nous donner la Vie en abondance. Comme pour le prophète Samuel Dieu dit : ce n’est pas vous qu’ils rejettent, c’est Moi qu’ils rejettent. Mais le Québec comme d’autres Nations est devenu sourd, muet, et aveugle, paradant de son pire pour notre mieux.

En marchant vers le Golgotha, Jésus rencontra les femmes de Jérusalem qui se frappaient la poitrine en pleurant. Il leur dit: Ne pleurez pas sur moi mais sur vous, car si l’on traite ainsi le bois vert que fera-t-on du bois sec?

Il y aura quand même un petit reste de personnes de tous âges qui continueront à désirer vivre contre vents et marées comme les témoins du véritable Royaume. Ce sera peut-être toi, peut-être moi, ou qui sait, des gens venus d’ailleurs qui inventeront d’autres chemins pour redéfinir le Québec et son avenir.

Denis Veilleux