Les étoiles ont une grande place dans la vie spirituelle. Elles offrent une image de l’espérance et de la persévérance au moment de la nuit. La nuit. Un tout petit mot dont les résonances sont vives pour ceux et celles qui la subissent ou l’attendent. La nuit spirituelle est faite aussi de constellations dont on n’en voit pas toujours à l’œil nu la réalité. Nous voyons le noir, ressentons l’absence, expérimentons le vide et parfois le dégoût. Et pourtant la Parole des Psaumes nous dit pour Toi Seigneur, la nuit est aussi claire que le jour. Comment? C’est que la nuit a son langage. Elle dit : n’aie pas peur, avance, Je suis là, regarde, attends, l’aurore s’en vient, ce sera mieux demain. À la fois le réel difficile mais une attente faite d’espérance. Les étoiles sont des alliées de toutes les nuits.

Qu’elle est belle cette Parole du prophète Isaïe qui dit à son tour : Ta rosée Seigneur est une rosée de lumière. Mais pour voir la rosée il faut être matinal, sinon le soleil aura vite fait de boire ce que nous aurions pu voir. C’est une belle image pour les nocturnes et les diurnes. La rosée est comme un infiniment petit, à notre portée, tout le contraire des étoiles si hautes qui nous font voir l’étendue du mystère. La rosée est faite de petites perles qui se gorgent chacune de la lumière. Même avant que le soleil ne se lève on peut voir la rosée par  la lumière qui apparaît. C’est le chapelet des humbles, de ceux qui attendaient aussi un nouveau matin, un nouveau jour. C’est le miracle du pain quotidien, qui ne dure pas mais qui suffit pour emboîter le pas du jour.

Qui sait si les étoiles s’endorment au moment où naît la rosée? Qui sait si nos nuits et nos matins sont le même passage vers l’espérance. Qui sait si Jésus ne traverse le jardin des Oliviers la nuit pour se montrer Ressuscité comme le jardinier au matin de Pâques?

Denis Veilleux