Il y a des vies tristes mais aussi de tristes vies. Comment sonder la différence? Les vies tristes sont partout placardées dans les plateformes d’informations. Un alphabet complet de misères qui débutent avant le premier souffle et ne se rend pas naturellement au dernier, tout au moins pour plusieurs. Ces vies s’arrêtent sur l’autoroute de l’existence, faute d’essence, de garage, de dépanneur, de gare, de train, de route, de billet. Ces vies tristes ont leurs chansons et leurs cinémas. Elles ont dans le cœur un refrain qui ne les laisse jamais seules. La misère chante la misère et l’espoir les retient.

Les tristes vies sont semblables, à la différence qu’elles ne savent plus ce qu’elles ont dans leur compte bancaires ou placements. Ces tristes vies sont fortunées et achètent crèmes et potions pour ne pas vieillir, tenir dans le fixatif leur âge, surtout autour de la vingtaine. Ces tristes vies se décuplent en remariages excessifs, de conquêtes en quête. Elles souffrent du manque d’amour. Ces tristes vies sont sur les écrans, les scènes mondiales, dans les stades et tabloïds et dans nos villes. Si elles se rendent jusqu’au bout, ce n’est pas sans peine; plusieurs sont arrêtées par les stupéfiants ou autre composantes qui les envoient au tombeau. Une carence d’affections. Tout le monde les pleure!

Certes, il y a des moments tristes dans la vie, des échecs, des maladies, des traumatismes, des erreurs fatales. Mais de tout cela pouvons-nous retenir un seul sens, une seule orientation? Je dirais que le souffle est primordial et tant que le souffle existe, la tristesse peut être vaincue. Je ne parle pas dans les nuages. J’ai vu resplendir des visages qui se sont transfigurés. La foi les a sauvé. La foi. De chutes en rechutes elles se sont accrochées à cet amour qui brûlait dans leur cœur et le cœur a soufflé l’amour dans leur désir de vivre. Ce sont des miracles cachés dont on ne parle que très peu. Mais je les vois, les entend, et les rencontre parfois.

Une poussée de joie et de sérénité, au delà de tout ce qui est triste, attend au détour pour nous surprendre. Mais restons lucides et debout! La maxime connue : Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir!

Denis Veilleux