Rassurez-vous, je ne vous dirai pas que le ciel est bleu , que l’enfer est rouge ou mieux que le vert est blanc. Pas davantage je ne reprendrai les paroles d’un auteur québécois exprimant dans sa merveilleuse chanson que je suis « comme des millions, fragile aux promesses d’élections. »

Je n’ajouterai pas non plus que les cadeaux pleuvront de la part des uns et des autres, que vous aurez de l’asphalte, moins d’impôts, plus de ci, plus de ça.

Que ne vous dirai-je encore sinon que vous aurez  les mains pleines des contrats payants et des emplois à profusion. Oui, nous embauchons! Surtout ces temps-ci. Je ne vous dirai rien de tout cela en ce temps propice aux échanges et aux milles peurs en fond de scène. D’un côté les tenants du drapeau, de l’autre les tenants du mat du drapeau. Évitons toutes les nuances.

Mais je vous dirai ceci : écoutez votre conscience, votre cœur, vos convictions profondes et si vous percevez le moindre doute d’une quelconque machination changer de voie mais surtout n’allez pas non plus vous jeter corps et âme du côté adverse. Soupesez de la même manière les idées, les paroles, et surtout les actes manqués, tout ce qui ne se dit pas et qu’on ne veut pas dire. Il y a des rendez-vous réussis dans nos sociétés mais il y  a aussi des rendez-vous manqués. Écoutez la musique de chacun, leurs danses, leurs refrains, leurs ritournelles, leurs frics  et voyez comment se traitent les adversaires. Flairer le vide, le manque, le flou, le stupide, l’irrespect, la malhonnêteté.

Fuyez les mirages, les masqués, les encodés, les décorés, les enrobés, les colorés, les enragés.

Donne-vous tout cet ouvrage avant de vous rendre aux urnes. Ne faites pas de politique mais soyez citoyens, citoyennes, responsables de la destinée d’un pays par le respect du plus humble, du plus petit. Et le respect ne sera jamais de monter sur la tête de l’autre ou de le rabaisser.

Ne vous empêchez surtout pas de prier  pour que le Règne de Dieu ne soit pas évacué de la sphère intérieure.

Denis Veilleux