Le Père Francesco Rossi de Gasperis qui fut notre guide tout au long de notre Carême dit que ceux qui ne croient pas en la résurrection du Christ ne peuvent être chrétiens. C’est la base et pourtant c’est aussi le sommet de tout notre Credo. Un chrétien croit que Jésus est ressuscité d’entre les morts. Il faut donc croire en sa mort véritable et ensuite à l’acte de sa résurrection. Et qui le ressuscite sinon le Père dans la Puissance de l’Esprit. Toute la Trinité est engagée dans le Fils mort et ressuscité et Le relève comme un tremplin d’amour dont nous ne pouvons sonder les profondeurs.

Personne ne fut témoin en ce monde de cet acte de Dieu. Toute la discrétion de l’Amour divin dans cet acte divin dont les premiers témoins en ce monde nous étonnent par leurs découvertes, leurs courses, leurs retenues, leurs craintes et doutes, et enfin leur adhésion. Jésus ressuscité les enveloppe de son Esprit sans qu’ils le voient encore de grand matin.

Marie-Madeleine n’a pas osé entrer en voyant la pierre roulée. Elle se précipite là où sont terrés les Apôtres. Vite, Simon-Pierre et Jean s’y rendent aussi à la course. Jean arrive le premier mais il attend que Pierre entre comme le premier témoin intérieur de ce qu’il devra annoncer dehors, avec Jean et les autres. Le récit évangélique est descriptif. Pierre voit le suaire et le linge qui entourait la tête, bien roulé. Pierre et Jean savent comment on place un mort dans un tombeau selon leur coutume. Ils ne sont pas surpris de ce qu’il voit, mais étonnés de ce qu’ils ne voient pas. Et c’est exactement cela qui les fait voir. Il est ressuscité. Il est vivant! C’est Jean qui écrit en parlant de lui-même : « il vit et il crut. »

Oui, la foi en la résurrection de Jésus fait de nous des chrétiens car elle est la flèche au centre de la cible. La cible c’est le Royaume de Dieu au milieu de nous, annoncé par le prophète de Galilée. La flèche est l’exactitude de qu’il avait annoncé aux disciples à savoir qu’à Jérusalem Il serait rejeté, battu, couvert de crachats, et tué…mais que le troisième jour Il ressusciterait d’entre les morts. Une parole qui rendait les Apôtres muets et paralysés au point où ils ne voulaient pas même lui demander de quoi il s’agissait vraiment. La flèche au cœur de la cible c’est le Fils de Dieu venu en ce monde comme le Berger venu chercher la brebis perdue. Tout est accompli; Jésus a visé juste la cible de l’Humanité par son amour et sa miséricorde déployés à tous et à toutes.

Il nous atteint aujourd’hui dans notre vie réelle.

Comment le recevons-nous? Notre foi est-elle dans la lumière ou l’obscurité? Si elle est vacillante au risque de s’éteindre ou s’endormir, peut-on crier ‘ Seigneur augmente ma foi? Viens à mon secours, met ta salive sur mes yeux aveugles, libère-moi par tes mains transpercées et ton cœur ouvert.’

La foi en la résurrection de Jésus est un don secrété par le baptême ou l’écoute de l’annonce de l’Évangile. Elle est comme un clic, un claquement des doigts, un souffle qui passe, une bruine qui descend. Ces mots sont humains mais peuvent conduire à la présence vivante de Jésus qui agit.

Dans les actes des Apôtres que nous venons d’entendre des mots humains sont écrits : « Là où Il passait, Il faisait le bien. » Alors rien n’est changé pour nous aussi. Là où Jésus passe dans notre vie – si nous sommes attentifs – le bien se fait, se voit, se manifeste, se multiplie. Les livre des Actes des Apôtres est comme le Carnet du premier voyage de l’Église primitive missionnaire.

Au cours de ce Temps pascal, si vous le désirez, lisez les Actes des Apôtres. Vous comprendrez comment Jésus se manifeste au cœur de son Église par le cœur et les mains des premiers chrétiens qui ont mis leur foi vivante envers la résurrection. Ils y étaient tellement sensibles qu’ils s’attendaient à son retour d’un jour à l’autre.

Demandons cette vitesse du cœur à le reconnaître, à L’aimer et à Le suivre en accomplissant, là où nous sommes, les choses ordinaires qui deviennent extraordinaires parce qu’elles sont le reflet et le prolongement des gestes du Ressuscité qui demeure en nous. Sur le chemin de la prière, rencontrons-Le et laissons-Le venir à notre table afin qu’il allume cette flamme qu’aucun souffle ne pourra éteindre puisqu’Il est « La Lumière du monde. »

Amen.

Denis Veilleux