Pâques! Un grand mot qui nous emmène dans un passage. D’abord, celui de la sortie du peuple Hébreu poussé par la main de Dieu et celle de Moïse pour fuir l’esclavage de Pharaon et des Égyptiens. Un passage qui est une sortie de cette main mise qui les étouffe depuis des siècles déjà. Une sortie qui crée un mouvement physique dans la communauté puisque l’Ange du Seigneur touchera par la mort tout premier né vivant dans ce pays de l’Égypte, y compris les Hébreux, mais épargnera ceux-ci en sautant par dessus. C’est aussi un autre sens que l’on donne au terme Pâques, qui est de sauter par dessus et de protéger de la mort les sauvés. L’ange verra le sang de l’agneau sur le montant des portes et passera. Ce grand passage sera difficile. Pharaon les poursuivra avec ses chars jusque dans la mer. Et pour ouvrir la mer qui était fermée, tous les frissons des fils et filles d’Israël monteront vers Dieu. La peur de périr doit être si terrible! Mais la main de Dieu, par le  bâton de Moïse, ouvrira l’impossible pour les faire passer en terre promise et anéantir les poursuivants, hommes et bêtes.

Cette histoire, Jésus l’a dans la peau comme un tatouage indélébile, tout comme le peuple d’Israël en son temps et encore aujourd’hui.

Jésus nous a fait passé par Sa mort. Une façon de nous épargner de tant de péchés qui ont aveuglé notre histoire et nos vies. Jésus,  par sa mort, nous a fait descendre avec Lui pour nous faire remonter dans sa Lumière et sa Résurrection. C’est un immense mouvement d’un saut vers le bas et ensuite vers le haut qui nous épargne définitivement de la mort et des ténèbres. En sommes-nous conscients? Sommes-nous sensibles à tout ce qu’Il a accompli pour nous faire entrer dans la vie éternelle? Pouvons-nous l’entendre aujourd’hui : Il est vraiment ressuscité! Qui l’a ressuscité si ce n’est le Père qui a tant aimé le monde qu’il nous l’a envoyé. Pas pour un jour, un heure, mais pour toujours, afin que nos vies ne soient pas laissées au vide, au chaos, au drame de l’indifférence. Il est mort et ressuscité pour que nous vivions de sa vie, comme Lui.

La mort/résurrection de Jésus est-elle un souffle vital de notre existence sans quoi nous tomberions en ruines? Avons-nous pris sa main trouée pour nous laisser emmener vers les autres, tous les autres, petits, pauvres, migrants, sans-abris, malades, qui lui ressemblent ? La résurrection sans la mort n’existe pas. C’est pourquoi il nous faut vivre en ressuscité en fréquentant la mort pour la faire éclater hors de ce monde. Non pas en tuant, mais en vivant pleinement avec Lui, en Lui et pour Lui.

Notre vie de ressuscité n’a de sens que si nous combattons le même combat de l’amour que le sien. C’est Lui qui nous as aimé le premier afin que nous puissions le suivre et servir tous ceux et celles vers qui Il nous envoie.

Pâques est le passage obligé vers nos frères et sœurs, les plus démunis qui attendent de voir Jésus à travers nos visages, nos gestes, nos partages, et le don de notre personne.

Denis Veilleux prêtre