Il était une fois Marijuana. Belle comme une illusion. Elle fut mise au cachot pendant des décennies. Un danger public. Elle ferait des ravages si on ne la muselait de manière drastique. Pourtant, elle faisait quelques sorties permises. On avait découvert en effet, que des effets de son ADN étaient bons pour le soulagement de certaines maladies. Ce n’était donc pas seulement une illusion. Il y avait un réel esprit compatissant à la faire visiter de grands malades. À la fois séquestrée et en situation de sortie, comment mettre de l’équilibre dans l’agenda de Marijuana?

Des penseurs disaient que c’était comme le nucléaire. On devait exercer un contrôle intelligent pour ne pas faire pousser des champignons d’Hiroshima. Vous comprenez? Marijuana avait une personnalité dramatique. Elle jouait la mise en scène d’un véritable médicament qui, pris en dehors de la thérapie, avait ce pouvoir de faire sauter les imaginaires ou de les conduire sur des chemins dangereux, tout en riant. On avait remarqué des explosions humaines irréversibles dans l’overdose.

Les oranges mécaniques des lois réfléchirent au mieux-être des sociétés. Un contrôle des politiques passant par le biais de promesses. Donnez-moi votre pain, je vous le rendrai! disaient les politiques.

Paradoxe : on se tue à tuer les cartels de drogue qui génèrent des fortunes et simultanément  on fait pousser les mêmes plantes pour les distribuer en vente libre, sans fusil.

À petite dose, nous fait-on croire. Mais, prenez plusieurs petites doses à répétitions tous les jours et tous les soirs et votre vie sera des plus heureuses.

Les marchands de bonheurs sont toujours sur les routes du monde. Ils n’arrêtent pas de vendre leurs idées au profit des paradis artificiels.

On nous fait croire que Marijuana continuera d’être bien contrôlée par tous les moyens légaux possibles. Surtout l’apport des jeunes eux-mêmes, sans expliciter leur âge.

Les sociétés ont-elles réussie à endiguer ce fléau des cartels et des narcotrafiquants jusqu’à maintenant? On peut penser qu’il y aura un nouvel accord de libre-échange entre les bandits illégaux et les bons citoyens légaux. Il y aura de belles collaborations dans cet univers aux perfections visibles.

Marijuana n’est pas une vraie personne, elle ne peut donc grandir toute seule dans l’espoir d’une maturité qui la rendrait responsable. Comme on s’en occupe déjà très bien, elle entrera, comme c’est déjà le cas dans bien des lieux sur la terre, au Panthéon des vraies illusions. Ceux et celles qui s’en empareront n’auront pas tous un avis médical ou thérapeutique. Marijuana dansera avec les loups, les moutons, les poules, les coqs, les ânes, les perroquets, enfin tout le zoo.

À bon entendeur, salut!

Denis Veilleux