Il est maintenant clair que les actes que l’on a vu se dérouler sous nos yeux ont tendance à se reproduire. Le mimétisme est comme un déclic qui touche l’inconscient et le ramène à l’avant-plan du conscient. C’était éloquent de voir ces derniers jours des enfants d’Alep en Syrie jouant avec des armes en plastic dans la rue. Les enfants, avec cette belle innocence sur les visages étaient tout souriants. C’était beau de voir leurs visages sans l’arme qu’ils tenaient pointée devant eux. Et  la guerre n’est portant pas un jeu.

C’est cela le mimétisme, un grand mot, qui suggère la répétition du bien comme du mal.

L’enfant qui a vu qu’une fleur donnée peut faire surgir la joie de celle ou celui qui la reçoit, posera le même geste pour provoquer le même éclat de lumière. Le sourire peut engendrer les sourires et ainsi de suite.

Le jeune meurtrier de la petite Maria Goretti vivait révolté dans sa prison. Il croupissait  de culpabilité et la dureté du cœur n’amenait aucun désir de changement ou de repentir.

Une nuit, il eut un rêve. Il vit la jeune Maria Goretti l’inciter à entrer dans lumière de Dieu. Cet évènement le transforma complètement et l’exemple de celle qui avait refusé ses avances l’amena à la conversion. Le jour de la canonisation de Maria Goretti, il se trouvait sur la Place St-Pierre à Rome, tout comme la maman âgée de la petite Maria. Cette dernière rencontra l’assassin de sa fille, Alessandro Serenelli, qui demanda le pardon qu’il reçut de la vieille Assunta.

Je me suis rendu un jour au Sanctuaire où l’on vénère la petite sainte. Ce qui m’a le plus frappé ce sont les photographies de l’assassin repenti, assis tout près de la maman de Maria. Tous deux irradiaient de lumière. Mais cette lumière ne venait pas de la terre.

Alessandro est décédé en 1970 à l’âge de 88 ans. Il vivait dans une communauté franciscaine.

Denis Veilleux