Dans ces vagues de sociétés qui surfent de l’aide médicale à mourir à l’aide existentielle du plaisir, on assiste à des tentatives de légiférations qui auront du succès. Le Blues du Businessman de Starmania nous revient en mémoire : On a le sens des affaires et on a perdu le sens de l’humour. Alors, l’Humanité doit retrouver le sens de l’humour par des paradis autres que le réel, le travail, l’accomplissement humain dans le dépassement, la générosité et le partage et la joie de vivre. On va tous vous dire que tout ça, on l’a déjà fait. Mais comment peut-on avoir été au service des autres et reculer pour être au service de soi, de son moi, de ses fantaisies, de son plaisir. Ça ne fait de mal à personne!

Regardez tous ces jeunes qui fuguent tous les jours. Ça n’arrête pas. On voit leur photo partout et en quelques heures, on les retrouve. On les retrouve comment? Abasourdis, déroutés, déshydratés, ou avec cette ironie qu’on a fait parlé de soi. La solitude les tue, et les lois de toutes sortes d’aides courent le risque d’illusions plus grandes qui les conduiront dans les salles d’attente d’hôpitaux, les prisons ou les cimetières. C’est une société comme celle-là que nous désirons au plus profond de nous-même? Une société qui aide au partage de l’égoïsme par des chemins dangereux, des traversées houleuses ou le risque est de vivre ou de mourir.

Avons-nous avancé dans la maturation de l’équilibre humain depuis ces dernières décennies? Avons-nous mieux compris les liens entre les émotions, les passions et tous les artifices qui non seulement les soutiennent mais les conduisent à des accrocs et dépendances qui asphyxient à petit feu? Les maisons d’entraide ne suffisent plus pour aider cette génération montante dont plusieurs sont affaiblis par ce manque d’estime d’eux-mêmes parce qu’ils ne voient pas d’avenir devant eux.

La question problématique qui touche les Premières Nations est alarmante. Des jeunes de 12 ans à peine pensent au suicide et, non seulement ils y pensent, mais le font.

Avec cela, on va continuer d’offrir à tous cette aide à mourir dans la dignité; dignité des adolescents, des jeunes adultes, des adultes, des personnes âgées et enfin de ceux qui ne servent plus à rien. C’est cela le drame : ne plus servir à rien.

Le Cardinal Marc Ouellet, dans son Rapport sur les accommodements religieux, avait présenté aux commissaires Bouchard-Taylor un tableau réaliste de notre société québécoise. Il leur a dit qu’elle souffrait de plusieurs maladies. C’est le constat d’un pasteur qui voyait les ravages d’un mode de vie suicidaire, à court et moyen terme. Mais a-t-on pris au sérieux ce constat? Je ne crois pas.

Continuons de créer des modes de vie dont le vide, la solitude, la violence et la peur suffiront pour que les pauvres descendent encore plus bas dans leurs misères existentielles.

Qui nous fera voir le bonheur? Je le répète encore ce verset du Psaume 4.

Denis Veilleux