La vie, le monde du travail, la politique et ses élections, les projets de toutes sortes font maintenant partie du monde du spectacle.

Tout est spectacle, afin de promouvoir l’engouement, le succès, la performance quand on ne parle pas de l’audace à l’extrême.

Le spectacle est entré dans notre monde médiatisé comme le filon à suivre pour gagner du temps, de l’argent, du prestige, de la notoriété, la retraite. Le spectacle est entré dans le monde des jeunes générations de toutes castes pour vibrer, hurler, siffler et se faire voir.

Le spectacle peut tenter tout le monde car il semble qu’il attire la paye qui vient au bout de l’hameçon.

Jésus a ces mots pour qualifier les gens qui se donnent en spectacle afin d’attirer à eux les recettes de leur piété.

Il nous faut tous être vigilants pour ne pas se laisser prendre par ces attraits mondains. Publier ses générosités, afficher ses réussites, promouvoir les prix d’excellence, monter sur les podiums.

Saviez-vous que les Éditeurs – disons ceux de l’étranger – incitent les écrivains à pousser leur manuscrit pour se qualifier dans des concours prestigieux? Ils veulent le Prix illustre pour la vente de leurs produits.

Le spectacle politique est devenu une denrée quotidienne dans un théâtre dont les coulisses ne cessent de faire saliver les lecteurs.

Le pape François vient de consacrer son message sur les Communications en montrant du doigt ce qu’on appelle les ‘fake news’, les fausses nouvelles, inventées pour faire vendre ou pendre les faux coupables des vrais mensonges. Un drame spectaculaire quand des vies et des personnes en sont la cible.

Les remèdes à cette frénésie sont simples : l’humilité, la vérité, l’honnêteté, la simplicité, le service, la gratitude, la paix, la joie du don.

Ce n’est pas de spectacles que le monde a besoin, c’est de lumière mise sur le lampadaire afin qu’elle brille pour tous ceux et celles qui sont dans la maison commune. Et ce n’est pas à nous de nous hisser sur le lampadaire. C’est une mission que celle de nous y rendre.

Un jour, il y a fort longtemps, on invita Radio Galilée  à participer à un concours. Il s’agissait de présenter nos meilleures émissions en vue d’un prix prestigieux touchant le monde des Communications. Ni plus ni moins qu’un duel avec d’autres participants et qui plus est : entre nous. J’ai refusé. On m’a demandé pourquoi?

J’ai répondu que ce n’était pas l’esprit de notre média et que si nous qualifions ainsi nos émissions de meilleures, il en résulterait un dommage interne pour nos animateurs et animatrices. Je ne désirais pas créer le vertige du vedettariat. La personne me répondit : vous pouvez encore réfléchir. Il n’y a pas eu de suite. Des émissions vedettes ou des vedettes ne se pointeraient pas, car ici le seul pouvoir qui existe est celui du service.

Le spectacle est un événement, mais l’événement n’est pas un spectacle. Un exemple : la naissance d’un enfant; ça c’est un événement!

Denis Veilleux