Ce n’était pas assez que de tomber comme le fruit mûr sur la terre. Il fallait se rendre au cœur de la terre comme l’avait prédit le Fils de l’homme, Jésus.  Comme Jonas fit un étrange voyage dans le ventre du monstre marin ainsi le Fils de l’homme au cœur de la terre, trois jours et trois nuits. 

Son corps est au tombeau et n’a pas été touché et ne sera touché par personne. Il n’y aura pas de corruption.

Mais son âme, dans l’amour mystique dont les chemins appartiennent à Dieu seul, fera tout un mouvement de Salut pour la délivrance de tout le passé, incluant l’Humanité pécheresse en attente de la Lumière. Comme un scaphandrier des mers intérieures Jésus se retrouve sur les rives de l’Histoire et fait passer, comme le fit Moïse, tout le peuple habillé de la Promesse d’une Terre Nouvelle. C’est un Grand Mystère que seule la foi pour nous révéler par des images et quelques mots. Le Mystère est innommable tellement il dépasse les horizons de nos faibles regards. Mais il est intégré dans notre Credo.

L’iconographie – la parole de Dieu écrite, les icônes – nous livre des images qui sont des mots. On y voit Jésus le Christ sortant du tombeau et prenant avec chacune de ses mains Adam et Ève pour les amener dans Sa Lumière. Étaient-ils malheureux dans cette attente comme les autres êtres humains campés sous la coupole de Bénédictions promise par le Dieu des prophètes? On peut soupirer que leur attente terminée fût la plus grande des joies et qu’ils soient arrivés sur l’autre rive, enfin libérés des ombres de la mort.

Les Pères de l’Église ont trouvé cette image de la brebis retrouvée par le Berger qui est allé la chercher dans les ravins.

Et l’Église en ce Samedi-Saint choisit le silence pour entendre ce Grand Mystère.

Écoutons nous aussi les préludes d’un Alléluia d’éternité qui nous fera pleurer d’amour et de joie.

Denis Veilleux