Méditations sur les Mystères du Rosaire, tirées du CD Le chapelet qui parle, présentées à l’émission Musique et Monde du 28 au 31 janvier 2020

  1. L’Annonciation

    Quelle est cette Présence qui ne se voit pas; que seule Marie perçoit dans cette annonciation venant du Ciel? L’archange frôle sa terre et l’habille de paroles si belles qu’elle en est toute bouleversée. Elle se recroqueville un instant pour se dépouiller et laisser sa liberté s’exprimer  dans une obéissance forgée par Nazareth-la-silencieuse-. Et Le Verbe se fait chair! Le Fils du Très-haut est là dans le Tabernacle du Oui. Il est là, déjà aimé et contemplé dans la petitesse originelle. Comment peut-il en être autrement? Marie, la jeune fille, devient Mère de l’enfant qu’elle ne voit pas. Le Souffle a soufflé comme une brise la rosée du matin. Une nuée lumineuse couvre la chair immaculée.

  2. La Visitation

    Avec une telle agilité Marie part vers la cousine à Ein Karem. La route est légère pour ses pas joyeux. Pourtant les montagnes sont là avec leurs aspects difficiles. N’est-ce pas un drame qui la porte dans ces hauts et ces bas de pays vers la maison de Zacharie? Elle arrive  toute simple comme elle seule sait l’être. La simplicité fait chanter les profondeurs de l’Esprit dans le sein d’Élizabeth. Pouvait-elle se douter des paroles qu’elle dirait ? Comment m’est-il donné que la Mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi? Des paroles écrites dans le creuset de l’attente depuis la nuit des temps. Cette plénitude qui s’avance vers elle à faire jaillir un mouvement de l’enfant qu’elle porte avec tant de foi. Marie bondit à son tour en déclinant ce Magnificat qui rassemble la fresque du Salut à partir des commencements des miséricordes jusqu’à l’accomplissement en elle de cette merveille. Elle connait Abraham et sa race, et chante les petits remis debout et les grands aux profils bas. Il n’y a pas de doute en elle de comprendre comment Dieu agit en faisant rois et reines les inutiles et les estropiés tout autant que de remettre à terre les grandes robes et les bijoux rouillés. Il est là le mystère de la foi de Marie. Et c’est pour nous qu’elle le dit!


  3. La Naissance de Jésus

    Ces mois qui vont aussi vite que les lunes la ramènent à Nazareth dans la chambre embrouillée des fiançailles. Joseph qui ne dort plus, rêve endormi ce que le jour ne lui a pas révélé. Il entend que cet enfant ne mourra pas puisque la mère ne mourra pas. Elle ne meurt pas car la dignité scellée dans le jardin clos le lui révèle dans le songe. Il se lève et prend Marie dans la chambre nuptiale de son coeur. Il ne la prend pas seule mais avec l’enfant. Ils descendront à Bethléem à cause d’Auguste l’empereur recenseur. Mais c’est Joseph, de la descendance de David, qui est guidé par Dieu. Marie, enveloppée dans la tendresse du charpentier, ne trouvera avec Joseph qu’une grotte-étable pour le jour de la délivrance. Marie n’est pas délivrée, elle nait Mère en donnant naissance au Fils de l’homme. C’est l’Humanité qui est délivrée, appelée à renaitre de l’eau et de l’Esprit. Il en sera de même pour les anges attroupés dans le ciel de cette nuit pour annoncer la Nouvelle aux derniers bergers des sans-abris. Ces bergers viennent à la grotte-étable et voient ce qui n’est jamais monté au cœur de l’homme. Ils racontent ce qu’on leur a dit. Marie et Joseph, ensemble, commencent un nouveau  chemin de foi à Bethléem. Il n’y a jamais plus de solitude entre eux; le fils donné les comble de sa présence.


  4. La Présentation de Jésus au Temple.

    En direction vers le Temple, ils sont à Jérusalem. Siméon est poussé par l’Esprit qui le guide depuis qu’il sait qu’il ne fermera pas les yeux avant de voir le Messie du Seigneur. Ses jours sont comptés mais se remplissent de la joie de rencontrer non pas un juif devenu empereur mais cet enfant qui sera la Lumière des nations. Il est temps de partir quand on a vu plus que l’étoile, plus que le soleil, plus que la rosée du matin. Mais je dois te dire Mère, qu’une épée transpercera ton cœur. Je ne sais ni le jour ni l’heure et je sais que tu ne le demandes pas. C’est ma joie. Beaucoup le suivront, beaucoup le quitteront. Ces paroles du vieillard touchent Marie et Joseph. Quant à l’enfant, il est  dans la chambre où le Père voit dans le secret.


  5. Le Recouvrement de Jésus au Temple

    Déjà douze années s’écoulent comme les saisons se quittent. Le jeune juif de douze ans est avec ses parents pour les fêtes de Pèlerinage à Jérusalem. Il est chez Lui dans le Temple et il le sait. Une école pour les docteurs et la chaire d’enseignement pour le jeune Jésus et son Père. Quittant la Ville Sainte, sans tarder Marie et Joseph tombent en exil. L’enfant est en exode. Où est-il? Ils le cherchent mais au bout du temps  ils le retrouvent au Temple. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de se rendre là, au cœur de la Ville du Grand Roi? Jésus aurait pu leur dire : vous ne saviez pas que c’est ici qu’il fallait commencer? Marie exprime les angoisses des deux : ton père et moi. Pourquoi? Il leur dit plutôt : Ne saviez-vous pas que je dois commencer ? De retour à Nazareth, les trois vivent ensemble le quotidien de l’incarnation du Fils de Dieu, son Père. Rien ne parait hors les cœurs qui méditent et se parlent. L’obéissance du jeune Jésus est un dialogue avec ses parents de la terre. Il leur apprend ce qu’ils ne savent pas. Le jeune Jésus grandit en taille, sagesse, et humanité.


  6. L’Agonie de Jésus

    Gethsémani n’est pas commode en cette nuit troublée. Tout est si petit. Même le ciel avec ses étoiles défigurées. Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où poser sa tête. Elle est dans ses deux mains comme une coupe que lui seul peut boire et offrir au Père. Or, il voudrait autre chose. Continuer à vivre loin de cette heure. Comment vouloir autre chose quand il est temps d’enfanter? Par trois fois il demande un sursis, un éloignement de la mort brutale qui l’attend. Il avait annoncé avec tant de vigueur ce qu’il adviendrait du Fils de l’homme. Il ne lui reste que la faiblesse, l’amour, et l’obéissance pour tout offrir. Père, non pas ma volonté mais la tienne. Les endormis sont légions comme les trois disciples qu’il appelle à prier.


  7. La Flagellation

    Le temps n’a pas perdu son temps. Jésus est sous les coups de ceux qui le flagellent allègrement. Comment peut-on ressentir la joie à flageller un être humain comme soi? C’est un étrange complot entre les humains que celui qui frappe l’autre, même s’il est dans son tort. Le Fils de l’homme est dans son tort, celui d’être l’Agneau qui porte le péché du monde. Il est dans son tort et les autorités le feront savoir aux uns et aux autres. Le tort du Blasphème suprême de Celui qui est venu rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. Les dispersés sont les accusateurs du rassembleur. Il est dans son tort et le droit le flagelle comme un condamné car il appelle Dieu son Père. Se dire l’égal de Dieu est sa peine capitale.


  8. Le Couronnement d’épines

    Il est dans son droit puisqu’il répond Je le suis à la question posée par Pilate : es-tu roi? Je le suis! Il est dans son droit Divin, isolé de toutes les armées célestes, et reçoit la couronne royale fabriquée par les hommes. Ils trouvent les épines, en font des cercles, et ainsi le couronne dans son droit de Fils de l’homme. Un couronnement à l’envers. Ils lui mettent la tête à l’envers l’appuyant sur la couronne d’épines qu’ils ont brillamment posée sur le sol. Puis, ils le remettent debout, chancelant de faiblesse, lui imposant le manteau pourpre comme s’il n’y avait pas assez de couleurs. Mais c’est de royauté dont il s’agit. Le Messie ne peut subir sa Passion qu’en donnant la pourpre de son Sang.


  9. Jésus est chargé de sa croix

    Il n’a plus de force; le ventre creux et le visage pâle de tous ces mouvements dont le corps a subi les contorsions. Moment choisi pour déposer le fardeau sur la faiblesse. Ils savent bien qu’il est épuisé. Lui, prend tout, de sa faiblesse comme du fardeau. Faiblesse et fardeau chancèlent, comme une danse saccadée applaudie par les riverains à gauche et à droite qui le repoussent. Il monte vers le Golgotha avec la lourde faiblesse de son corps et la croix transfigurée. La croix : le manteau royal du crucifié! Un effondrement qui appelle Simon de Cyrène forcé à l’aider. Les tissus du corps déchirent dans le martèlement des clous sur le bois afin qu’il soit élevé de terre et que tous les yeux humains, ceux des voyants comme ceux des aveugles, voient la prophétie : quand je serai élevé de terre, j’attirerai à Moi tous les regards! L’accomplissement dans le dénouement du processus de cette fin d’un monde annonce le monde nouveau.


  10. La Mort de Jésus sur la croix

    Il est debout. Ne le voyez-vous pas! Debout comme sa mère l’est aussi, tenue par l’épée qui la transperce. Ce qui la transperce ainsi : la Vision de l’enfant qui est celui du Père et de sa chair sous les traits du crucifié! C’est le prophète Isaïe en personne qui parle et qui révèle que le serviteur souffrant n’est pas une charade ou lubie mais réellement la fresque de l’Histoire qui se déroule à la plénitude des temps. C’est l’enfantement du monde nouveau qui se réalise par le Fils et dont la Mère est la disciple bien-aimée. Elle se voit confiée au disciple que Jésus aimait comme elle s’entend nommer Mère par le Fils qui dit : voici ta Mère. Les mystères sont dévoilés lorsque le voile du Temple se déchire. En tes mains Père, je remets mon esprit! Le silence pour quelques secondes avant les tremblements de terre car la terre de ce monde est touchée par la Mort du Fils de Dieu. Comment peut-il en être autrement quand la mort est morte et que la Vie a déjà pris la descente en profondeurs comme il l’avait annoncé évoquant Jonas, seul signe à donner et à comprendre. Descendu dans les entrailles de la terre, il rejoint une multitude dont on ne connait pas le nombre mais l’attente assoiffée.


  11. Le Baptême de Jésus

    Dieu est Lumière. Il n’y a que sa Parole pour faire bouger. Près des eaux du Jourdain, tant de gens. Une foule venue de tout le pays, convoquée par la voix du Baptiste. Étrange beauté que celle de ce prophète sans épée, sans fronde, sans torche pour brûler, mais dont les mots reprennent ces éléments pour les rassembler en un : Convertissez-vous! Oui, une question de redressement des cœurs, des pensées, des actes. Pour les gens de Jérusalem haut placés, il est inquiétant d’entendre ce tortionnaire de conversion. Mais le peuple ne s’y trompe pas; il  sent l’odeur de l’amour et ce retour à Dieu par la vie de celui qui vit ce qu’il dit et mange au désert des sauterelles et du miel sauvage. Comment donner en nourriture les mots de la conversion si on se nourrit de banquets et de luxe? Le peuple vient, se plonge, et désire  entendre. Entendre est si vital à la vie. De Nazareth, le Nazaréen entend non seulement les gestes mais les paroles du peuple. Il obéit comme lui en se rendant près du Baptiste. Une rencontre, un choc. Le baptiseur confondu en face de son cousin qui ne recule pas devant ce qui doit s’accomplir. Au milieu de tant de monde qui prient, parlent, d’enfants qui rient ou pleurent, la voix du Père  est donnée. Le Fils entend le Père : Tu es mon Fils Bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon cœur! Il est si vital d’entendre! C’est assez fort pour être poussé hors des eaux et partir quarante jours et quarante nuits au désert. Là, le Père est muet mais non les Écritures.


  12. Les Noces de Cana

    Telle une vision, ce matin-là deux oiseaux se font la cour dans une cage. C’est beau de les voir ainsi. Ils réinventent le monde! Les enfants viennent les voir et les vieux ne se lassent pas de les admirer.  Magnifique cadeau pour des Noces que cette vision tombe dans le réel à Cana en Galilée. Jésus s’y trouve à cause de sa mère et les disciples à cause de Jésus. Quand on aime voir aimer on est prêt pour la Noce. Les paroles suffisent à rassembler tout ce monde dans la salle devenue trop petite tellement l’amour est fait pour se répandre. C’est la joie. Et puis voici que la vision refait surface : les oiseaux dans la cage se taisent. La chaleur du midi les ralentit. Chacun de son bord ils sont exilés. Entre la vision et le réel on chuchote ce que les nouveaux époux ne peuvent soupçonner. Mais l’Époux d’Israël est là, plus grand qu’eux et cela personne ne le sait sauf celle qui annonce la troublante vérité : ils n’ont plus de vin. L’innocence des époux n’est pas à l’abri du manque. Un seul petit nuage peut apporter le désagrément à la fête quand les hommes ont bien bu. Marie perçoit le drame et le dit à Jésus qui lui répond que son heure n’est pas venue. Entre cette phrase entendue et la foi de la Mère aucun doute : Faites tout ce qu’Il vous dira. Et il parle! L’eau se change en vin, le désastre évité. On salue avec éclat le meilleur vin pour la fin. Libres, les deux époux sont heureux et boivent avec les convives le bon vin de leur Noce dans la chaleur de Cana.


  13. L’Annonce du Règne de Dieu

    Son cœur est comme le Sinaï, en feu. Il brûle de guérir comme d’annoncer le Père et son règne. Dans ses veines toutes les sources du ciel descendent pour couler dans celles de la terre et permettre une remontée des fruits. De chemins en montagnes, de plaines en rochers, il dit des mots de vie. En Lui, est la Vie plus grande que la vie parce que ses mots sont plus grands que les mots. Or son langage est simple. Il parle d’oiseaux, de graines, de soleil, de pluies. Il raconte des histoires à tenir debout ceux qui les ressassent dans le tamis de leur tête pour en comprendre le sens. Il dit : mes paroles sont esprit et vie. Tout s’enflamme quand il est là au bord du lac. Comment comprendre? Quand les malades repartent guéris, les aveugles voient les estropiés rétablis, on ne se pose pas de questions, on voit les réponses. À ceux et celles qui lui donnent toute leur foi c’est le centuple. On ressuscite et les maladies mortelles n’ont pas le dessus. Mais il connait une chose importante : ceux qui ne croient pas en lui. Peut-être se rappelle-t-il  cela quand il  dit plus tard : mon royaume n’est pas de ce monde!


  14. La Transfiguration

    Encore une montagne. Il ne l’a monte pas seul mais avec le trio Pierre, Jean et Jacques. De plus, des invités là-haut se présentent. Comment proposer une réunion de prières ainsi? En priant. Et la lumière fut! Comme il est beau! se dit le trio des Apôtres! Soudainement,  ils voient  deux Grands du passé dans leur présent : Moïse et Élie. L’un sans Torah, l’autre avec un manteau recouvrant la tête. La prière est dialogue dans la blancheur du moment. Le sens de ce rendez-vous? L’Exode de Jésus comme le signe d’un départ. Pierre suggère de dresser pour eux trois tentes. Puis, le présent disparait dans le passé. Une épaisse nuée les enveloppe de frayeur. Ils ne savent que faire. De ce moment ils ne parlent pas avant qu’ils ne comprennent qu’ils peuvent le raconter. Transfiguré, Jésus nous appelle à entrer dans un exode de lumière.


  15. Le Don de l’Eucharistie

    L’odeur du pain sans levain est l’odeur de la hâte, de la sortie d’Égypte qui n’a pas le temps de faire monter la cuisson du pain pour déguerpir. C’est la Pâque, et les préparatifs de toutes sortes mûrissent. Ceux des disciples qui apportent les aliments et ceux de Judas Iscariote. Les uns pour la Mémoire, les autres pour l’oubli. Les uns pour restaurer le corps et l’âme d’Israël, les autres fissurés de cupidités avant la trahison. Les convives et le vendeur. J’ai désiré d’un grand désir vivre cette Pâques avec vous. Jésus ne dit pas tout mais ne cache pas tout. Judas quitte la salle après que chacun se soit interrogé sur sa capacité réelle à trahir le Maître. Le serait-ce moi? est troublant. Puis les mains de Jésus et ses paroles sont le dévoilement de l’Alliance nouvelle et éternelle : Ceci est mon Corps, Ce Pain, Ceci est mon Sang, Ce Vin. Prenez, buvez! C’est moi!

    Voulez-vous que je demeure ou que je m’en aille? Reste avec nous!

    Voulez-vous que je souffre ou non en aimant ? Reste avec nous car le jour baisse.

    Voulez-vous que je descende ou que je monte? Reste avec nous Seigneur, car la nuit monte!

    Je vous donne ma paix comme je vous laisse mon auberge. Faites ceci en mémoire de moi.

    Cette nuit là, ils ne comprennent que peu de choses. Ce peu les tient comme le sel de la terre et la lumière du monde. Mais ils n’oublient pas l’étrange esclave qui leur a lavé les pieds. La prophétie en acte de leur Maître.


  16. La Résurrection de Jésus

    Le premier jour de la semaine inaugure la  Résurrection de Jésus.  Personne ne l’a célèbre en sa présence. Tout se fait par Dieu seul. Il n’a pas besoin de la main des hommes pour dresser la table, allumer les chandelles, placer la coupe et le pain en rappel de la sortie présidée par Moïse. Non! Dieu fait seul cette nouvelle genèse pétrie par son cœur. La pierre  roulée, le linceul replacé, les anges assis. Le Fils de l’homme se promène dans le nouveau jardin comme Dieu dans le premier. Il ne cherche plus les enfants perdus. Ils viennent en larmes ou en courant, sûrs que la mort les attend comme les plaies les aromates. C’est le monde des morts qui emprunte la route des morts. Mais le Vivant, encore dans les parages, trouve les mots pour le dire : Vous me verrez en Galilée, vite! Et toi Marie de Magdala, ne me touche pas. L’échelle n’est pas encore montée pour que je sois avec mon Père et votre Père. Ne pleure plus, je sais.


  17. L’Ascension de Jésus

    Mes mains trouées sont étendues sur toute la terre. Cette effusion annonce le baptême à toutes les Nations en commençant par Jérusalem. Une immersion dans la piscine de la croix afin que vous remontiez dans la nuée lumineuse. Travaillez, ne baissez jamais les bras, parlez, et surtout aimez jusqu’à vos ennemis pour qu’enfin on entende l’Esprit du Père et le mien éveiller vos mémoires jusqu’à la fin des temps. Mon cœur transpercé continue de couler jusqu’à la fin du monde afin d’irriguer toute sécheresse que le mal des hommes aura provoqué. Il n’y a pas de limites à mon amour, dites-le!  Jusqu’à la fin des fins je suis toujours à l’écoute de l’avant dernier souffle qui se laisse tomber sur ma poitrine. Comprenez-vous cela? Je ne peux contraindre au-delà, mais je peux attendre jusque là. De  ta liberté à ma Liberté, j’entends ton dernier battement de cœur pour la Vie ou pour la seconde mort. C’est le combat pour la Vie jusqu’au bout de chaque vie. Et Moi, Je suis avec vous tous les jours, toutes les heures, toutes les secondes en ce monde.


  18. La Pentecôte

    Telle une vision, une immense nappe ronde tenue par les mains de ceux qui sont dans le Cénacle de la prière. C’est la communauté de l’Église des disciples de Jésus. Ceux-ci tiennent cette nappe tissée constamment par les doigts d’une femme assise sur une estrade  lui permettant de voir la totalité du rassemblement. Chacun tire de son bord avec la peur au ventre. La Mère, elle, prie le visage lumineux. Tout à coup, un bruit les secoue et la nappe se déchire sous la poussée des mains des Apôtres. Alors, apparaît sur chacun des tissus déchirés un feu, qui, sans les brûler, les habille dans une unité resplendissante. La Mère se lève et se place au milieu de la petite communauté pour enseigner que le Royaume appartient d’abord aux  petits comme eux. Marie transfigurée par sa prière comme son Fils sur la montagne. C’est la Pentecôte, celle de l’exode sans peur, illuminée et pousser hors les murs à proclamer  l’Évangile de la Vie. Forts de la Force venue d’En-Haut la Célébration de la Promesse faite par le Fils s’annonce : Je ne vous laisse pas orphelin. L’Esprit se répand  dans le feu, au-delà des cinquante jours jusqu’à la fin des jours. Tel le buisson ardent, le Cénacle brûle sans se consumer.


  19. L’Assomption de Marie

    La Beauté pressentie avant la création du monde est appelée à s’avancer. Les beautés de la vie, de la joie, des réponses dans la foi, de la communion à la croix, des visitations de prières. Avancez les beautés! Étendue sur un lit de paille, Marie voit en esprit tous les chemins de son pays intérieur. Les émotions de Nazareth, les rires de Jésus enfant, la peur devant la cruauté, la paix sur le bord du lac des miracles. Ses derniers moments à respirer la Terre promise, sentir le vin de Cana, l’odeur des vagues sur les rives de Capharnaüm. Et ces paroles qui alimentent son âme, celles de Gabriel l’Archange, les mots simples de Joseph, ceux de Siméon le vieillard et ces perles de paraboles de son Fils. Elle sait qu’Il est là. Enfin, Marie s’endort dans la mort sans mourir. Son corps est pris dans l’Alliance d’Abraham, de sa race, en remontant jusqu’à Ève. Son Fils ne dit-il pas qu’il y a plusieurs demeures dans la maison de son Père?


  20. Le Couronnement de Marie au Ciel

    Des femmes et des hommes ont des visions. Ils voient la Mère de Dieu revêtue d’or, couronnée d’étoiles. Elle  fait le tour des mondes. D’escales en escales, elle  laisse parfums et fleurs de toutes sortes. Ce qu’il faut pour rafraîchir les poumons de l’Humanité qui trébuche sous le poids des misères. Quelques mots entendus sur une même tonalité : s’il vous plait, pour l’Amour, de grâce, laissez-nous un peu de place! Vous êtes si à l’étroit et nous offrons le ciel. Vous êtes dans la noirceur et nous diffusons la Lumière. Vous êtes sans arrêt en état de guerre et nous proposons la trêve éternelle de la paix. Vous vous chamaillez sur les places publiques et nous respirons les chants des anges. S’il vous plait, cessez de mourir, commencer à vivre.Denis Veilleux