L’adaptation est une réalité qui prend sa place dans la mesure de l’accueil favorable.

Elles sont multiples les adaptations et durent toute la vie. On passe d’un âge à l’autre à la vitesse de l’éclair, surtout en accumulant les années. Les 12 mois nous filent entre les doigts. De même les tout-petits en peu de temps nous dépassent et parfois nous le font sentir aimablement.

Je suis parfois les sportifs dans le monde du tennis. Rafael Nadal cette semaine, se plaignait qu’à Paris, où il se préparait en vue du Tournois Roland-Garros, – qui en ce temps de pandémie a été décalé – donc il se plaignait du froid, 9 degrés. Sur la terre battue, il s’entrainait avec difficultés. C’est un champion mondial. À l’heure où j’écris, il a gagné le premier tour. Il avance…et c’est tout son être, physique, mental, qui doit s’adapter au climat et jusqu’à la balle de tennis qui ne réagit pas comme d’habitude.

J’ai lâché le mot le plus difficile dans tout ce que nous vivons. ‘Nos habitudes’ bien ancrées qui sont déstabilisées. C’est cela le plus difficile. C’est l’automne, on va aux pommes, c’est l’été on va aux fraises, c’est juillet vive le Festival d’été, c’est mars-avril on va à la cabane. Toutes nos habitudes sont affectées et nous sommes invités à nous adapter le mieux possible.

Jésus lui-même s’est adapté aux différentes situations. Une des plus marquantes est celle avec la Cananéenne à qui il ne veut pas parler. Il est en territoire païen et elle lui court après afin qu’il délivre sa fille malade. Il lui dit ‘qu’il n’a été envoyé qu’aux brebis d’Israël.’ Elle rétorque et continue. Il ajoute ‘qu’on ne donne pas le pain des enfants aux petits chiens.’ Elle ajoute que ‘les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table des enfants.’ Là, il s’arrête. Il a entendu quelque chose qui le prend au cœur. Oui, elle lui affirme qu’elle n’est pas juive, mais qu’elle se nourrit des miettes qui tombent de la table d’Israël. Elle croit aux prophètes et à Dieu et à Jésus qui peut faire tout pour elle et sa fille. Eh bien, il lui accorde tout. Une adaptation exemplaire et touchante. ‘Va, ta fille est guérie.’ Que pouvait-elle attendre de mieux après une telle joute de paroles. Elle n’a pas lâché sa requête et lui a répondu de manière vraie et cette vérité a conquis le cœur de Jésus. Il s’est adapté à elle en lui donnant tout ce qu’elle demandait.

Quittons nos habitudes un peu et nous aurons de l’espace pour les autres. Je lisais ces jours-ci un beau commentaire. On évoquait l’œuvre de Jean-Paul Sartre qui disait que ‘l’enfer, c’est les autres!’ Eh bien, avec Jésus qui est vainqueur de toute mort et ressuscité d’entre les morts, ‘le ciel, c’est les autres. Magnifique commentaire.

Si ‘le ciel c’est les autres’, regardons-les et aimons-les comme Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils, son Unique.

Denis Veilleux