La Vive flamme d’amour est un poème associé à l’œuvre de St-Jean de la Croix. Je ne suis pas expert pour allumer un feu de foyer, mais je fais parfois des tentatives. Ce qui m’est arrivé cette semaine. Ce que je constate cependant, c’est la ténacité du feu qui, lorsqu’il est bien allumé s’empare de la bûche. Comme je ne réussis pas toujours du premier coup, je dois alimenter les manœuvres pour aider à ce que le feu puisse saisir la bûche. Et tout à coup presque plus rien, et ensuite tiens, voilà qu’une toute petite flamme, presque insignifiante, va faire son chemin pour ne plus laisser la bûche s’éteindre. C’est une expérience que je trouve fascinante.

Elle traduit que le feu, – soit dans une réalité positive ou négative – ne lâche pas facilement son morceau. Je préfère aujourd’hui m’arrêter à contempler le côté positif. C’est cela qui est émouvant. Il me semble que cela évoque notre vie qui parfois ne semble plus avoir de chaleur ou de feu et puis tout à coup, sans que l’on sache pourquoi, arrive une flambée qui nous fait bondir le cœur de joie.

La bûche de nos vies est rallumée par un sourire, un enfant, un appel téléphonique, un courriel.

Les visites aujourd’hui sont plus rares. Est-ce l’âge, la course, la frénésie du temps qui passe, je ne sais. Elles aussi, les visites, sont d’une grande importance puisqu’elles nous lient non seulement dans l’amitié mais dans le dialogue si nécessaire pour que l’on comprenne parfois ce qui se passe dans le monde, même immédiat. Le dialogue est une relecture de nos vies chaque fois qu’il est respectueux. On échange avec l’autre ou les autres mais on se définit, on se retrouve, on se reconnait dans et par les mots échangés.

Il n’y a pas que le feu matériel qui nous réchauffe, bien davantage la chaleur de la fraternité, de la tendresse, de l’amitié. Et si on n’entretient pas ces petites flammes le risque est réel que les choses s’éteignent.

La vive flamme d’Amour est cette magnifique allégorie de l’amour de Dieu qui s’éprend de nous pour ne plus jamais nous lâcher, jamais. Espérons cette brûlure positive qui nous fait comprendre le récit du buisson ardent qui brûle sans se consumer.

Denis Veilleux