Se retrouver devant une page blanche peut sembler être le miroir de celle ou celui qui doit écrire ce qu’il ne sait pas. Il plonge dans ce blanc de page et appelle les mots à venir se poser.

Les mots sont multiples et se retrouvent dans la bible des dictionnaires avec leurs définitions. Les mots ont un sens, et parfois plusieurs sens.

La foi par exemple peut être perçue sous différents angles. La foi dans ce que l’on fait, ce que l’on est. Mais également dans ce que l’on reçoit et qui influe sur ce que nous allons faire et davantage être.

La foi chrétienne appelle à être à partir d’un Autre qui éclaire les actes et les pensées et les décisions. La foi chrétienne appelle un visage, celui de Jésus qui imprime dans le cœur le testament nouveau d’une Parole qui demeure une Promesse. La Promesse que la Parole de Jésus s’accomplit chaque fois qu’elle est reçue dans le réceptacle de l’être profond. Un dynamisme émerge des fonds de l’être chrétien par le baptême reçu comme le don qui fait basculer du côté de la lumière la personne et son destin. Le destin n’est pas une fatalité mais une promesse que s’accomplira ce que nous sommes devenus.

Être chrétien c’est émerger des profondeurs de ce Sanctuaire où Dieu vit divinement en nous. Dieu est présent comme l’Invité par excellence dans la chambre haute de l’être. C’est à la fois vivre au Cénacle, au puits de Jacob, près de la mangeoire de Bethléem, dans la barque près du rivage, sur le Golgotha, et enfin à l’entrée du tombeau vide. Ce sont des lieux qui nous habitent par le don de la foi. Des lieux personnalisés par le Mystère de ce qui s’est passé et qui nous est rendu au cœur de la Foi en Jésus, en présentiel.

La méditation chrétienne est une sortie du côté ciel et une descente du côté terre. En nous, se vit le mouvement de la Présence divine. Le Père se montre tout Amour dans le don du Fils qui nous le montre par son Visage. « Qui me voit, voit le Père. » Et le Fils dans le Père aimant livre l’Esprit, Mémoire des Paroles vivantes de Jésus pour la trame de nos vies.

La page blanche du début a fait jaillir non seulement des mots, mais les plus essentiels, ceux de la foi et de la Présence de Dieu qui se donne. « Si quelqu’un m’aime, dit Jésus, mon Père l’aimera et nous ferons en lui notre demeure. » Nous portons la demeure de Dieu en nous. Comment ne pas y croire quand on en fait l’expérience. « La foi est la certitude des choses que l’on espère et qu’on ne voit pas » lisons-nous dans La Lettre aux Hébreux. Une certitude qui ne cesse de nous parler.

Denis Veilleux