L’aide médicale à mourir souffre de la gratelle, une amplification de la démangeaison.

On a ouvert une petite fenêtre, maintenant on défonce la porte et ensuite le plafond sautera ainsi que le plancher. Il n’y aura plus de cheminée, seulement la froidure d’un monde enseveli par ses propres lois. Une supercherie de la compassion à grande dose qui fait la Une des journaux pour vanter le mérite des anciens combattants qui ne désirent que la fin de leur combat. Comme si la vie n’avait plus besoin de cet aspect pour être lumineuse et féconde. La gratelle amènera des assauts de violence couchés sur des parchemins de nouvelles lois pour aller encore plus loin. On ne sait pas ce que veut dire aller encore plus loin, c’est-à-dire encore plus vers le néant.

C’est exactement cette voix qu’entendait Thérèse de l’Enfant-Jésus dans son épreuve contre la foi : Avance, avance, c’est le néant qui te prendra. Mais elle n’était pas dupe et savait reconnaître la voix ou les voix du Diviseur, l’Antique serpent des grattelles.

Récemment, des amis m’ont confié ce bonheur d’avoir accompagné en soins palliatifs leur ami. Seul au monde, ils ont été pour lui leur intime, leur famille de compassion, d’amour, de tendresse et de prières. Ça prie encore près des souffrants. Ça prie encore près des agonisants. Sais-tu ce que tu manques loin du souffrant soutenu par l’affection et la médication? Sais-tu ce que tu manques en occultant le temps, la durée et les jours près de ceux qui attendent la Rencontre avec Dieu?

La gratelle nous enlève cet horizon mais personne ne pourra nous ravir cette foi en la vie, la passion et la résurrection de Jésus. Ni la vie ni la mort dit St-Paul, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus. N’est-il pas réjouissant d’entendre cela? Cette vraie joie qui ne mourra jamais.

Loin des gratelles, poursuivons notre chemin de fraternité comme Jésus l’a fait en faisant le bien et remercions le Seigneur de nous donner des témoins qui nous disent que seul l’amour soigne la souffrance jusqu’à la fin. Appelez l’Église dit St-Jacques dans sa Lettre. Appelez l’Église afin qu’elle prie et impose les mains aux malades.

Denis Veilleux