Un matin je me promenais sur le chemin en bordure du fleuve.

J’arrivai près d’une maison et je vis un jeune papa placer la bicyclette de sa petite fille (environ 6 ans) dans le coffre de l’auto; la petite était hors d’elle-même. Elle aurait voulu monter sur sa bicyclette mais le père ne voulait pas. C’est alors qu’il s’approcha de sa petite fille pour la serrer contre lui affectueusement, mais elle se rebellait tout en criant. Puis, le père tenta de la faire monter dans l’auto; elle refusait encore. Elle se mit à marcher seule, mécontente, sur le bord du chemin alors que son père monta dans son auto et roulait tranquillement sur la route. Tout à coup, la petite se mit à courir, courir, et elle riait tout en regardant son père. C’était beau.

J’ai alors pensé à l’obéissance et l’amour. La petite ne voulait pas obéir, elle était contrariée. Mais aimait-elle encore son père? Je crois que oui. C’est la contrariété qui l’a mise dans cet état car le père n’obéissait pas à ses désirs. Est-ce que le père l’aimait toujours? Je crois que oui.

Jésus dit : Si quelqu’un m’aime il gardera ma Parole, mon Père l’aimera et nous viendrons en lui. L’amour n’est pas absent même si la contrariété prend le dessus sur l’obéissance du moment. L’amour demeure dans les profondeurs la texture même de l’être qui, quoique contrarié, sera sauvé par cet amour même qui n’est pas annulé.

Pour la petite qui n’obéit pas, elle aime toujours, mais une tempête s’est levée sur la mer des émotions sans détruire l’amour.

Notre péché nous empêche souvent d’aimer comme le Seigneur nous le demande. Mais nous l’aimons toujours…et nous lui demandons pardon. Nous demandons son aide dans la tempête des faiblesses de toutes sortes. Est-ce que nous sommes désobéissants? Parfois. Mais nous l’aimons même dans notre faiblesse. Quand Pierre pleure le reniement, avait-il cessé d’aimer Jésus? Non, il fut emporté par la peur. Il L’aimait toujours en le découvrant avec ses larmes amères.

Le binôme amour/obéissance est vrai. Mais quand l’obéissance flanche ce n’est pas la fin de l’amour. Où serions-nous? Lui, Jésus a aimé parfaitement en obéissant parfaitement. Qu’est-ce qu’Il demande à Pierre après la résurrection? M’obéis-tu? Non, Il demande par trois fois : M’aimes-tu? Cette réponse d’amour de Pierre sera la révélation de la Mission confiée par Jésus. Il l’a confie à un être qui aime tout en connaissant sa fragilité de pécheur.

Comme il faut peindre avec nuances quand il est question de l’amour.

Denis Veilleux