La charpente émotionnelle de la génération appelée millénium interpelle. Elle a plusieurs couches sociales selon les individus, les sociétés, et les pays. Du côté de l’Europe comme des Amériques une tendance se profile. Il semble que les émotions prennent une allure démesurée au risque de voir basculer des projets de vie, et des vies elle-même. Chaque  jour on me parle d’un monde de brouillard, à la fois vertigineux et plein de potentiel. Peut-être est-ce une piste que le potentiel soit vertigineux. La charpente émotionnelle d’un être humain, femme et homme, demande une longue maturation. Et parfois nous pouvons nous demander si la vitesse de nos vies et la rapidité du temps n’empêchent pas cette maturité à faire sa nidification. Un nid dans ce monde, comme un lieu pour vivre, un espace pour s’épanouir.

Il existe aujourd’hui une telle charge envers les comportements humains et leurs limites, que nous voyons chavirer des vies qui n’ont pas encore structuré leur charpente émotionnelle. Certains ne le pourront jamais. Est-ce que les tâtonnements de la jeunesse vont accuser toute une vie durant des erreurs passées? Les faux pas liés à l’inexpérience ou l’immaturité vont-ils bloquer à jamais la possibilité de s’épanouir? Allons-nous continuer de juger le présent en ne comprenant pas les tissus d’hier? Comme si la malchance d’un incendie allait nous coller l’odeur du feu sur la peau à tout jamais.

Y a-t-il encore de la bonté, de la patience, de la compréhension, de la compassion entre nous?

Heureusement, Jésus vient nous secourir d’un côté comme de l’autre dans cet épisode où il se penche en écrivant sur le sol devant les accusateurs debout et la femme pécheresse accroupie. Le texte nous révèle que Jésus, se penchant, faisait des traits sur le sol. En tout cas, sa parole jaillit de ces lignes sur le sol : Que celui qui est sans péché, jette la première pierre! Les accusateurs debout s’en allèrent avec leur pierre dans la main. Le cœur avait été touché. En d’autres termes : Qui es-tu pour vouloir tuer une personne qui te ressemble? Et Jésus demanda à la femme accroupie : Où sont-ils? Personne ne t’a condamnée. Moi non plus, je ne te condamne pas, va et ne pêche plus! Quelle libération de la liberté pour une condamnée à mort.

Regardons notre charpente émotionnelle, soyons patient envers nous-même et les autres. Ayons plus de cœur. Comptons sur le temps, les années s’il le faut, pour espérer une maturité qui nous étonnera. Sortons dehors, la terre nous porte et le ciel nous aime.

Denis Veilleux