L’Abbé Denis Veilleux a écrit lui-même que tout a commencé par un appel, en 1988, en terre d’Israël. « C’est d’abord le Semeur qui est venu pour semer ». Ensuite, les dons de communautés religieuses ont permis le commencement de cette Œuvre qu’est Radio Galilée. Sans leur foi et leur adhésion, la radio ne serait pas née. De 1990 à 1995, l’appel et les dons se sont rencontrés afin de cerner en profondeur la programmation des émissions. Certaines de ces rencontres furent déterminantes sur le plan du concept à créer.

La radio s’est alors définie comme un ‘rendez-vous’ quotidien, une fidélité, une proposition d’amitié dans un monde fragile et dispersé. On s’est dit que la radio doit évangéliser de manière directe et indirecte. Directe par l’évangélisation et les enseignements, la prière, et les témoignages. Indirecte par la culture, la musique, les entrevues de toute personne dont la vie témoigne de son humanité et du service à la collectivité. On a aussi décidé que la spiritualité et le souffle qui animeraient cette programmation radiophonique seraient ceux des disciples d’Emmaüs d’où les titres de tant d’émissions : Reste avec nous, Tenir Sa Parole, Un temps pour parler, Chemin faisant, De Passage, Déroulement du Livre, etc.

Ce n’est qu’une fois la radio en ondes, le 19 septembre 1995, que des dons de l’auditoire ont commencé à entrer. Les auditrices et auditeurs ont en effet perçu que cette Œuvre les rejoignait et avait besoin de leur soutien. L’apport de certaines communautés religieuses de Québec et d’autres régions de la province a toujours été premier à cet égard. Les dons de l’auditoire ont été plus modestes, le quart du budget annuel.

Dans l’Évangile, la parabole du roi qui part et qui confie ses talents est éloquente. À l’un il en donne cinq, à un autre trois, et au dernier un. Les deux premiers font fructifier et doublent le don. Ce qui veut dire que leur travail devient comme ‘un alliage’ à leur réussite. Ils remettent dix et six talents et le roi leur confie des villes : dix et six. Ils ont travaillé à ce que les dons reçus fructifient. Quant à celui qui en a eu un, nous savons qu’il a eu peur de tout. Il a tout perdu. Le talent reçu a alors été remis à celui qui a avait eu le plus, ce qui lui fit onze talents. Cette parabole parle de l’Œuvre et de toute Œuvre qui d’abord est un appel, puis un soutien à la reconnaissance de l’appel par les dons qui sont offerts pour sa réalisation. Le travail des artisans de l’Œuvre est essentiel aux dons reçus, sinon ils cesseront. Or, comme ils n’ont pas cessé, nous devons y voir une participation étroite telle une ‘alliance’ ou un ‘alliage’ en ce qui concerne les fruits. Ce ne sont plus seulement l’appel et les dons reçus qui sont en cause, mais le surcroit du travail de tout le personnel qui rend possible la multiplication des avoirs pour soutenir l’Œuvre elle-même dans la fidélité.

La responsabilité que nous avons est donc de donner le meilleur dans une programmation qui respecte l’appel, l’Œuvre reconnue, et sa finalité, qui est celle de l’appel maintenu dans le temps et la durée de l’Œuvre. Tout se tient. Le Seigneur a permis l’appel, les soutiens, les artisans, les aidants bénévoles pour que se consolident non seulement l’aspect financier, mais la teneur d’une programmation fidèle à sa mission. Le travail du personnel et sa qualité sont garants des dons reçus et de leur accroissement. L’aspect financier seul n’aurait jamais fait pousser la semence.

Thomas De Koninck, philosophe
Président du Conseil d’Administration de la Fondation Radio Galilée