La violence à bon marché est devenue une denrée à portée de mains, sous bien des formes. Est-il besoin de souligner ces fusillades qui fusent un peu partout : Istanbul, Mexique, Paris. Elles sont devenues des actes communautaires à la grandeur de la planète.

La violence se profile aussi dans les scénarios mondiaux des sociétés. Le pouvoir est devenu aussi violent que la guerre : guerres de mots, guerres de paroles, guerres d’idées, guerres de canulars, guerres de faussetés.

Toutes ces images qui nous arrivent au quotidien avec leurs taches, leurs gros titres, leurs grandeurs nature pénibles à regarder.

Cette montée des réseaux sociaux qui en un clin d’œil, pour un oui ou pour un non, fait monter la haine ou descendre la peur. On se croirait comme au temps des empereurs romains, au Colisée de Rome, avec l’alternative du pouce à l’envers, qui précipitaient par la force de l’opinion publique dans l’arène le sort des gladiateurs ou autres quand ce ne fut pas le cas des chrétiens envoyés aux fauves. Les réseaux sociaux ont ce même ADN de violence. Nous en espérons le côté positif de la paix.

Certes, on peut souhaiter cette liberté d’expression mais jusqu’où ira-t-elle? Le risque est grand qu’on ne redevienne sous la coupole du silence par le pouvoir de réduire ce qui serait important de savoir. On aura perdu par excès la véritable liberté d’expression.

Tout le monde parle et tout le monde veut sa raison de parler. Puis on part dans une bulle au gré des vents.

Le tragique auquel nous assistons est celui de croire les mensonges, les canulars,  au détriment du réel. Les scénarios montés de toutes pièces avec des accents de vraisemblance ne donneront jamais la vérité. Ce sont des bombes à retardement pour que le doute et le soupçon règnent en maître.

Jésus a été lui-même traqué par ses adversaires. Après avoir guéri le jour du sabbat un homme à la main desséchée, les pharisiens et les hérodiens vont se mettent ensemble pour le traquer. Il a fait le bien le jour du sabbat. Il a guéri cet homme de son mal. Mais il a rencontré la dureté du cœur qui aveugle ceux qui la pratiquent, dureté plus grande que le mal physique.

La violence disions-nous. Elle n’a pas d’avenir sinon de détruire.

Cette semaine dans un super marché, alors que je m’apprêtais à tourner de rangée, un jeune père  dit une parole à son jeune fils derrière lui. Visiblement pour éviter qu’il ne me frappe. Ce fut une parole qui me sécurisa tout autant qu’elle avertit le petit d’un risque de collision. L’enfant réduisit sa vitesse, et passa près de moi avec un sourire. Je lui souris également. Ce fut un beau moment. De tels gestes se multiplient chaque jour dans le monde. Ils sont des actes de bontés qui annoncent les mouvements profonds de la paix.

Denis Veilleux