Être dehors, c’est naitre dedans, au dedans de soi comme un nénuphar se projette au-dessus de l’eau et recevoir un rayon de lumière en plein jour.

Être dehors, c’est respirer comme l’oiseau que l’on n’entend pas respirer mais qui sent la force des ailes pour avancer, monter, et toujours avancer.

Être dehors, c’est vivre dans son potager d’automne, étendu sur la terre libérée des fruits et légumes de l’année, et en attendre les semences qui viendront redonner toute la beauté du prochain miracle.

Être dehors, c’est avoir son âge, d’1 jour à 100 ans et plus, et penser dans son cœur aux saisons passées ou à venir pour goûter la paix après l’orage, les pluies, et le givre.

Être dehors, c’est visiter le monde, un par un, couleurs en mains pour le respecter à hauteur des êtres humains qui peuplent la planète masquée.

Être dehors, c’est chanter son refrain de vivre, d’aimer, et donner tout son temps au temps, frapper du pied le ballon qui d’un coup de vent nous sera rendu comme par magie.

Être dehors, c’est prier pour faire descendre le ciel sur la terre, le réchauffement des cœurs avant celui de la planète pour rafraichir les mots, les regards et redonner aux sourires leur dessin d’enfance.

Être dehors, comme Dieu l’Est toute l’éternité sans se montrer par discrétion et respect, sachant que la seule liberté permise sera de le trouver en l’aimant et de l’aimer en le trouvant.

Être dehors, c’est toi, c’est moi, c’est nous, c’est vous, c’est Dieu et son ciel qui continuent de faire du bien sur la terre.

Denis Veilleux