Les nouvelles expressions ressemblent parfois à de nouvelles maladies. Surtout lorsqu’elles apparaissent dans un paysage inhabituel. Un exemple : on placerait une lampe du sanctuaire dans un garage où l’on répare les véhicules. Ceux qui ont déjà vu cette lampe se poseraient des questions. Certains ne diraient rien tandis que d’autres lanceraient une boutade ou une rebuffade exprimant leur désaccord. On ne peut mettre tout partout.

Une expression nouvelle apparaît dans le vocabulaire religieux catholique. Le mot « leader » s’est placé subtilement comme un phare pour éclairer nos agirs dans l’Église tout autant que soulever nos pastorales. Nous sommes proches des entreprises humaines, valables et nécessaires, mais l’Église qui attend des leaders risquent d’être fort déçue. Soit qu’elle mette l’accent sur les choses, le matériel, la performance, au détriment du « service » dont le terme est évangélique.

Nous glissons facilement dans le leadership comme dans une forme d’idéologie où les mots nous donnent de l’importance. Des idéologies dont la source vient du monde, plus précisément des mondanités pour reprendre le terme du pape François.

Ces dernières années nous avons été témoins de certains changements dans notre vocabulaire humanitaire et religieux. Par exemple, Les Œuvres du cardinal Léger sont devenues l’Oeuvre Léger. La charité est parente lointaine de la philanthropie et des restaurations immobilières sont devenues des espaces de mémoire ou musées dont on cherche la souvenance à grand frais.

Les Écritures nous ouvrent à des expressions dont le sens ne sera jamais dépassé. Un prophète, un berger, une servante (assez clair pour Marie de Nazareth), un apôtre, des serviteurs, des amis, des disciples, des responsables, des communautés.

Demandons au Seigneur de ne pas nous éloigner du lavement des pieds, du bon samaritain, de Marthe et Marie, de Zachée, de l’enfant prodigue et de son père, de la brebis égarée, de la pêche miraculeuse dans le ventre creux des pêcheurs de Galilée.

Les mots sont parfois des lumières dans la bouche de ceux et celles qui les prononcent mais également des ambiguïtés. Dans le moindre et le meilleur. Ne remplaçons pas la lumière de l’Évangile par les mots du commerce, des carrières, des projections, des stratégies, et de la mode.

Jésus n’est pas le leader du Père, il est le Fils Bien-aimé en qui Il a mis tout son Amour. Écoutez-le!

Denis Veilleux