Le plus grand ennemi des blancs, des noirs, des gens de toutes races sur la planète me semble être la peur. La peur d’avoir peur ouvre à toutes les forces et sécurités. Les peurs ont fait fortune. Regardons toutes les assurances que nous avons érigées dans nos maisons, nos automobiles, nos villes. Certaines sont un bienfait. Comment résoudre un incendie sans un service à point? Comment circuler sur nos routes en hiver sans pneus d’hiver mais aussi tout ce qu’il faut pour la chaussée. Toutes ces bonnes choses sont à conserver et même à améliorer. C’est de la prudence.

La peur engendre la force et l’insécurité. C’est alors que la force peut oublier de protéger mais devient un danger pour soi comme pour l’autre. Le degré de la force est mesurable et la passion peut faire des ravages. L’insécurité a fait jaillir partout dans les lieux du monde des caméras. Nous sommes en cinéma maison le jour et la nuit, sans arrêt.

Il nous faut donc revenir à notre cœur et retrouver les degrés de la confiance. Je dis bien les degrés. La confiance augmente à mesure que l’on monte les marches du dialogue, de la bienveillance, de la gentillesse, de la civilité. Si nous avons de la difficulté à grandir dans la confiance, prisonnier de nos peurs qui grossissent tout, commençons par le commencement. D’abord le regard qui se pose sans juger, un geste qui se manifeste sans brusquerie, une parole aimable pour dénouer une difficulté. Tout le monde a appris à marcher à quatre pattes, puis s’est mis à se tenir sur ses deux jambes pour avancer. Faisons de même afin d’évacuer la peur de nos démarches. Commençons par le commencement.

La vraie couleur des êtres humains est celle de leur sang. On me dira que les animaux ont aussi le sang rouge. Oui, mais ils ne le savent pas, tandis que vous et moi, nous savons que notre sang est la vie de l’humain.

Jésus a donné son Sang pour le salut du monde. Il a donné tout son Corps aussi.

« De son côté ouvert, il en sortit du Sang et de l’eau » écrit St-Jean, témoin du transpercement.

Commençons par le commencement.

Denis Veilleux