J’ai lu votre livre ‘Un temps pour changer’. Ça m’a fait penser à l’émission que je réalise depuis des années : ‘Un temps pour parler’. Un beau clin d’œil.

J’ai aimé ce que vous écrivez même si parfois c’est dur à lire. Non pas que ce soit difficile, mais vous abordez ce qu’il y a d’amer dans le monde et sans détour pour nous en libérer.

Vous ne manquez pas d’y inclure l’Église et ses drames.

Le climat. Vous en parlez de manière juste. Vous-même, un jour, avez été saisi par l’ampleur de ce qui vous inquiète. Vous nous invitez à reprendre votre Lettre Laudato Si après sa publication il y a cinq ans. Vous insistez pour dire que ça ne va pas. La terre est en danger et la menace affecte toute l’Humanité, la maison commune. Le danger des riches sans scrupule qui font peser leurs profits en dénaturant la planète.

La pandémie. Vous la décrivez comme une tempête que l’on n’attendait pas. Notre manière de vivre est interpellée et conséquente à la frénésie d’un monde ivre de posséder.  Vous vous inquiétez de ce que les pays riches se précipitent sur les vaccins pour leur sauvegarde au détriment des pays pauvres. Votre souci de l’équité envers la famille humaine vous préoccupe.

Vous évoquez au cœur de la tempête ce qui est lumineux. Le soin des malades, le respect des normes sanitaires, tous ces gens qui nuit et jour font tout pour les autres au péril de leur vie. Encore ces jours-ci, vous nous avez demandé de prier pour un sans-abri mort gelé à deux pas du Vatican.

Vous avez le courage d’évoquer la honte. Celle qui nous appelle à une conscience plus vive de nos manquements, de nos erreurs. En cela vous nous accompagnez de manière libératrice.

Vous nous éveillez à la découverte d’une nouvelle fraternité. Quel beau rêve éveillé. Une fraternité! Lorsque j’étais vicaire en paroisse, j’ai fait cette expérience déterminante avec la jeunesse. C’était magnifique de voir ces jeunes apprendre à aimer Dieu et leur prochain. Une fraternité universelle est un magnifique défi.

Un chapitre m’a profondément touché. Vous faites état de millions d’avortements annuels dans le monde. On sent votre immense tristesse tellement ces chiffres vous affectent y compris le fléau de l’euthanasie. Vous invitez l’Humanité à choisir la Vie et la foi en la vie. L’Évangile de la Vie!

Pape François, faites attention à votre sciatique. « Un temps pour changer » m’a fait grand bien pour espérer des lendemains plus humains après cet hiver du monde.

On espère le beau temps ici comme à Rome.

Denis Veilleux