Apprendre est un grand mot dans la langue française comme sa traduction dans toutes les langues et dialectes du monde. Apprendre à vivre, à marcher, à aimer, à pardonner, sont des chemins si essentiels sur les routes de notre existence.

Je lisais le livre tout récent sur le pape émérite Benoit XVI – Dernières conversations – qui répond aux questions posées. Au terme de cette lecture, j’ai découvert encore plus la personnalité de Joseph Ratzinger. J’ai ri aux larmes en lisant l’épisode difficile lors d’une présentation devant de grands théologiens en vue d’une accréditation pour être membre d’un corps professoral alors qu’il était jeune prêtre. L’un des juges était carrément contre lui. Il raconte que le texte qu’il avait présenté et annoté par cet adversaire farouche s’est tout simplement retrouvé dans le poêle pour qu’il brûle, même si en bout de ligne, on lui a accordé cette place d’enseignement. Ce qui montre qu’il a du caractère ! En même temps il déclare de manière émouvante comment cette épreuve permise par le Seigneur l’a maintenu dans l’humilité. Humilié, il est demeuré dans la perspective de l’humilité, conscient que son grand talent aurait pu le mener dans les replis de l’orgueil. Un regard lucide!

À la toute fin de l’ouvrage, étant donné son grand âge- il aura 90 ans le 16 avril 2017 si Dieu lui prête vie- il exprime qu’il apprend toujours. Il apprend à travers sa vie simple à écouter. Il aime toujours la Parole de Dieu, la musique, le silence, et les amis. Il apprend toujours.

Nous apprenons également qu’il est complètement aveugle de l’œil gauche. Alors il apprend à vivre avec son œil droit. Plus, il apprend à se préparer chaque jour à la grande Rencontre qu’il espère. Il apprend à vivre et à espérer ce Grand Amour qu’il expérimente déjà.

Nous pouvons nous demander si nous sommes en mode d’apprendre ou de tout savoir. Le risque est grand de tout savoir, de ne pas écouter, d’inventer seul sa vie, de s’emmurer dans le mutisme, de ne pas vouloir avancer parce que l’on croit qu’on est rendu. Comme il serait bien de laisser un petit espace entre le maintenant et le demain. Un tout petit espace pour apprendre aujourd’hui ce que demain nous apprendra encore, et de nous, et des autres, et du monde, et de Dieu. Jésus est venu apprendre pendant 33 ans ce que nous sommes pour nous conduire avec tant d’amour où Il est auprès du Père.

Denis Veilleux